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Bénin / Affaire FNM : Le tribunal espagnol reçoit 02 mandats d’arrêt pour la même personne dans le même dossier


Aux yeux de l’audience nationale de Madrid, l’équivalent du tribunal en Espagne, le gouvernement béninois paraît peu sérieux. C’est du moins ce qui a été noté au long du procès de l’ancien ministre d’Etat Komi KOUTCHE dont le verdict devrait intervenir dans quelques jours. Le procureur de la République de l’audience nationale de Madrid en a été surpris, ahuri et s’en est indigné.

Premier acte du jeu flou du gouvernement béninois, l’exécution d’un mandat d’arrêt déjà révoqué. En fait, un premier mandat d’arrêt international a été émis le 04 avril 2018 contre Komi KOUTCHE. Sans même en être préalablement informé et profitant d’un répit dans ce qui l’occupe aux États-Unis d’Amérique où il se trouvait, l’homme s’est rendu de lui-même au juge à Cotonou le 06 avril 2018. Ce dernier a décidé de poursuivre l’instruction de l’affaire mais sans mandat de dépôt. Tout devrait finir à cette étape en attendant un nouvel avis du juge.

Acte 2. Le 14 décembre 2019, alors que Komi KOUTCHE se rendait à Paris pour conduire un meeting politique dont les couleurs étaient déjà annoncées, il a été interpellé à l’aéroport de Madrid en Espagne, et paradoxalement sur la base du mandat d’arrêt international du 04 avril 2018 devenu en principe caduque. Un mandat qui n’avait plus de validité, selon les avocats de l’ancien argentier national et du procureur de la République espagnole.

Acte 3. 18 décembre 2018, soit 4 jours après son interpellation et sa détention en Espagne sur demande du gouvernement béninois, la CRIET, tribunal d’exception créée au Bénin, attendait Komi KOUTCHE pour une audience à Porto-Novo sur la base d’une convocation délivrée après son interpellation en Espagne. Autrement dit, tout en étant détenu à Madrid, l’ancien directeur général du FNM devrait être également présent dans la capitale béninoise. Un don d’ubiquité s’imposait à lui. Et faute de ne pas s’être présenté, un second mandat d’arrêt international est décerné contre lui le 27 décembre 2018, dans la même affaire. En réalité, c’était l’astuce trouvée pour rectifier la caducité du premier mandat d’arrêt par lequel lequel Komi KOUTCHE avait été arrêté le 14 décembre 2018.

Face à ces acrobaties, le procureur de la République de Madrid n’a eu d’autre choix que de proposer au juge le refus de la demande d’extradition formulée par le Bénin. Si le juge suivait ce réquisitoire du procureur, non seulement l’Etat béninois aurait perdu un procès à l’international mais surtout, il aurait été pris dans des contorsions juridiques aux antipodes des normes et principes internationaux. Et pour un pays qui veut se révéler, ça donne à réfléchir !

La Rédaction

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