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Côte d’Ivoire/Trafic et travail des enfants : Une lutte sans fin !


Malgré les dispositions mises en place dans tous les pays pour lutter contre le trafic et le travail des enfants, le phénomène reste présent surtout dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Des enfants sont encore sujets à ces pratiques et les frontières sont les lieux par excellence pour mener cette activité illégale. Prêts à être embarqués pour la Côte d’Ivoire pour travaux forcés, deux enfants et leurs accompagnateurs seront arrêtés à la frontière Noé ce samedi 11 mai 2019.

« En Côte d’Ivoire, c’est zéro tolérance pour le trafic des enfants. Leur place est à l’école et il ne faut pas leur voler leur enfance » déclarait la ministre ivoirienne en charge de l’enfant, Bakayoko-Ly Ramata en décembre 2018 alors qu’elle allait porter assistance à neuf mineurs burkinabè, victimes de trafic d’enfants à Aboisso. Des paroles du ministre qui donne le ton sur la lutte farouche que son pays mène contre le trafic et le travail des enfants. En tant que première productrice du cacao, la Côte d’Ivoire voit des enfants travailler acharnement dans des plantations de cacao ou sur des chantiers de construction.

Ce samedi 11 mai 2019, alors que leur bus devait franchir la dernière étape avant de les amener à Abidjan où ils doivent travailler sur un chantier de construction, deux petits garçons seront arrêtés ainsi que leurs accompagnateurs. S’ils ont pu s’en sortir aux autres frontières depuis le Bénin où ils ont quitté, ici à la frontière de Noé, le pot aux roses sera découvert après des questions plus minutieuses des agents en uniformes. Ces derniers déjà assez aguerris sur ce genre de situation devineront très vite qu’ils sont en face de trafic d’enfants. Ils arrêteront les enfants qui sont sans papiers ainsi que leurs accompagnateurs. Informé de la situation, leur patron déjà sur place à Abidjan niera connaitre l’âge exact des enfants. Il aurait été induit en erreur dira-t-il. Les agents de la police de la frontière de Noé renverront les enfants et un de leur accompagnateur au Bénin avec des instructions pour que l’affaire soit récupérée par la police béninoise.

Si la lutte contre le travail et le trafic des enfants est le cheval de bataille de la première dame ivoirienne Dominique Ouattara, le constat sur le terrain est loin d’être satisfaisant. Selon le site afrique-sur7.fr, des enquêtes révèlent la présence d’enfants esclaves dans la chaine de production des fèves brunes. Des enfants ayant entre 12-14 ans travaillent dans ces plantations comme esclaves. France info révèle qu’il serait entre 300 000 et un million d’enfants à travailler dans le cacao ivoirien. « Ces enfants achetés tout au plus à 230 euros soit 150 000 fr cfa par individu constituent une main-d’œuvre bon marché parce que travaillant dans les plantations sans rémunération » informe le site afrique-sur7.fr. Le site rappelle que la première dame ivoirienne Dominique Ouattara en sa qualité de Présidente du Comité national de surveillance contre la traite et le travail des enfants, prend toutes les dispositions pour mettre fin au phénomène. Des campagnes de sensibilisation sont organisées par ledit comité. Mais aussi une destruction des champs dans les forêts classées de l’ouest ivoirien exploitant des enfants est souvent organisée. « Mais la tâche s’avère difficile face à une mafia opérant dans les pays frontaliers. Elle a fait du trafic d’enfants vers la Côte d’Ivoire un marché juteux » nous apprend France info.

Perpétue Houéfa A.A.

La Rédaction

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