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Ralmeg Gandaho, président de l’ONG Changement social Bénin : « La société civile ne dort pas’’

Très active par le passé sur les dossiers d’actualité, la société civile se fait maintenant peu visible. Pourquoi cette situation? Réponses de Ralmeg Gandaho, président de l’ONG Changement social Bénin. Il présente le tableau réel et explique les options de la société civile.

 

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Que devient la société civile sous la rupture ?
(Sourire) La société civile se porte bien, je dirai très bien.Il suffit de jeter un coup d’œil sur le niveau élevé de veille citoyenne qui est en vogue actuellement dans le pays. Le rôle de la société civile n’est pas de tout le temps scander des paroles hostiles à l’endroit des gouvernants, ni de les invectiver. Le rôle de la société, c’est d’être un acteur de veille citoyenne qui concourt à la sauvegarde des droits de la personne humaine, à l’accompagnement des actions positives des gouvernants pour un développement durable et inclusif dans le respect des valeurs et convictions qui fondent notre République.
Alors pourquoi la société civile se montre peu active ces temps alors que bien de faits décriés par le passé surviennent encore ?
Je ne dirai pas que la société civile est peu active, ce serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle que d’y penser. Depuis l’avènement des nouveaux gouvernants en avril 2016, la société civile active en matière de droits de l’Homme n’a ménagé aucun effort pour tirer sur la sonnette d’alarme chaque fois que le besoin se faisait sentir. De la non représentation des femme au sein du gouvernement, en passant par la répression sanglante de la marche des étudiants en juillet 2016, la suspension des organes universitaires, des organes de presse, l’introduction et le vote de lois liberticides attentatoires aux principes fondamentaux des droits de la personne humaine, nous étions présents. Présents à dénoncer et à exprimer notre indignation. Présents à appelés à la mobilisation citoyenne et à la veille afin que nos droits et libertés soient conservés et consolidés.
La société civile béninoise aujourd’hui est dans une approche beaucoup plus participative, je dirai collaborative car les défis sont immenses. En mai 2017, Changement Social Bénin en synergie avec d’autres organisations de la société civile je veux citer : Social Watch, Amnesty International Bénin et d’autres organisations a rendu public un communiqué de presse à la maison de la société civile pour marquer son indignation quant au dénouement de l’affaire PPEA2 et poursuivi son plaidoyer pour l’expression de la continuité de l’Etat dans la préservation de l’intérêt général.
C’est pour vous dire que la société civile ne dort point. Au contraire, elle est plus que jamais mobilisée et répartie en domaine d’actions pour mieux occuper le terrain afin que le contrôle de l’action publique soit effectif.

 

Quelle lecture faites-vous de la gouvernance sous la rupture ? les points forts et les points faibles ?
Il n’y a pas d’Hommes qui naissent mauvais. D’ailleurs, il n’y a de richesse que d’Homme disait l’autre. C’est pour vous dire que le cœur de l’Homme peut être rempli de bons projets innovants pour le développement de son pays. Mais que valent ces projets s’ils sont mal formulés ou si les moyens de mise en œuvre ne sont pas ceux qu’il faut, ou s’ils ne recueillent pas l’adhésion des citoyens, ou encore quand le citoyen se sent exclu d’un projet qui est sensé lui assuré le bonheur ?
Visiblement, c’est ce à quoi, on assiste depuis un moment, et que la société civile essaie de dénoncer afin de toucher le cœur de ses dirigeants, ses gouvernants.
Le Programme d’Action du Gouvernement, ce document programme sur lequel le peuple évaluera ses dirigeants actuels en 2021 est innovant en soi et la communication faite autour de sa vulgarisation suscite admiration. Toutefois, ce document programme peut être parfait car il occulte vraisemblablement certaines actions non moins négligeables que nous jugeons importantes. C’est dans cette optique, que Changement Social Bénin, organisation que je préside a partagé en Mars 2017 ses réflexions en vue de combler les attentes non prises en compte. C’est notre manière de contribuer à la réussite du développement de notre pays.

 

Comment expliquez-vous le manque d’activisme de l’opposition ?
C’est un problème crucial dont les relents pouvaient être observés par le passé. Nous sommes arrivés aujourd’hui à un niveau où nous ne pouvons plus fuir face aux déboires de notre système partisan. Il faut plus que jamais remettre l’humain au centre des débats plus tôt que l’espèce sonnante et trébuchante qui fausse inéluctablement le jeu démocratique. Ce qui se passe aujourd’hui en est une parfaite illustration. Il faut l’instauration des débats publics au sein de nos formations politiques, enseigner les valeurs d’éthique citoyenne aux militants afin qu’ils puissent se munir de convictions saines pour alimenter le jeu démocratique.

 

Certains estiment que les acteurs politiques et la société civile avaient fait des compromissions par le passé avec l’actuel chef de l’Etat. Et c’est cela qui explique leur comportement actuel malgré tout ce qu’il y a comme défaut dans la gouvernance. Rumeur ou réalité ?
De tout temps les hommes ont toujours noué des relations incestueuses selon les centres d’intérêts du moment, de l’instant. C’est dommage qu’il en soit ainsi, car les valeurs et les convictions perdent leurs importances. Je ne pourrai ni confirmer ni infirmer vos propos, mais cela ne m’étonnerait guère. Le plus important et c’est le message que nous véhiculons à Changement Social Bénin, c’est de se forger de convictions saines et de ne jamais céder face à ses tentations même dans l’adversité. C’est le propre du ‘’bon citoyen’’

 

Doit-on encore croire en la société civile ?
Il n’y a pas de raisons qui amèneraient à ne plus croire en la société civile. C’est le moment de rester mobilisés afin d’accompagner celles et ceux qui font le job aujourd’hui pendant que les partis politiques peinent à se déclarer, pendant qu’il n’y a plus de réelle opposition.
Jusque-là, la veille a été maintenue, et il n’est pas questions que nous relâchions.

 

La Rédaction

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