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Bénin / Justice : Conditions et motifs de détention des mineurs dans les prisons

Au Bénin, ils sont nombreux les enfants mineurs, âgés de 13 à 17 ans, à se retrouver derrière les barreaux pour diverses raisons. Selon des sources proches de l’Agence pénitentiaire, à la date du 24 juillet 2019, 138 mineurs se trouvent en position de détention dans les prisons béninoises. La population carcérale à cette date étant estimée à 8450 détenus. Les infractions commises par eux sont le viol et la tentative de viol sont les plus récurrentes, escroquerie, abus de confiance, en complicité avec des adultes.

De manière plus précise, sur les 138 enfants mineurs en détention, 132 sont des garçons et le reste des filles. Au total, 7 parmi tous ces mineurs sont déjà jugés et condamnés à la même date. Ces derniers n’attendent donc que l’épuisement de leur peine pour retrouver leurs parents ou leurs proches, espérant ne plus se retrouver dans ce milieu.

Mais tous ces mineurs ne sont pas en prison parce qu’ils ont commis une infraction pénale. Il importe de distinguer les enfants qui ont commis une infraction pénale, les enfants nés en prison et les enfants accompagnant leurs parents en prison. Ces parents étant condamnées ou détenus. Dans ce cas, ce sont souvent les mères qui vont en prison avec leurs nourrices.

Cap sur les conditions !

Selon une ancienne détenue de la prison civile d’Abomey, les conditions dans lesquelles vivent les enfants ne sont pas très adéquates. Ils souffrent souvent de diverses maladies de la peau, du fait des conditions d’hébergement et de vie. Le centre de sauvegarde de la petite enfance étant vétuste.

L’espoir, c’est que le gouvernement améliore le centre d’Agblangandan et la direction de préparation à la réinsertion. Toutes choses qui devraient améliorer les conditions des enfants. D’après les articles 37 et 40 de la Convention relative aux droits de l’enfant (1989), tout enfant ayant affaire avec la justice a droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de valeur personnelle, qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société. En outre, la privation de liberté d’un enfant ayant eu affaire avec la justice (dans une prison, un centre de détention, un centre de rééducation ou toute autre institution privative de liberté) devrait être une mesure de dernier ressort, à éviter dans la mesure du possible.

Selon le rapport sur les conditions de privation de liberté des enfants au Bénin datant de juillet 2011 et publié par l’Organisation mondiale contre la torture et l’ONG Enfants solidaires d’Afrique et du monde, « Tous les quartiers des mineurs contiennent des robinets d’eau potable et des réserves que les enfants utilisent en fonction de leurs besoins. Malgré tout, l’accès à l’eau est limité lors de la saison sèche et la nuit car les dortoirs dans lesquels sont enfermés les enfants ne contiennent pas d’arrivée d’eau. L’accès aux toilettes est limité la nuit : les enfants doivent faire leurs besoins dans un seau posé dans le dortoir fermé». En plus, poursuit le rapport, « le nettoyage du dortoir et des autres espaces du quartier est fait par les enfants détenus, parfois sans savon. Ce nettoyage devient presque impossible à cause du manque d’eau lors de la saison sèche…

La Rédaction

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