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Bénin : La justice fait crier les opposants

Quand ils s’installaient le 27 août 2018, beaucoup se demandaient les compétences réelles et les personnes que les membres de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme peuvent juger. Un mois après, on se rend à l’évidence de la nature de la cour et constate ses principaux clients dans l’arène politique.
Dans un courrier adressé au procureur général près la Cour d’appel de Cotonou le 21 septembre 2018 et dont ampliation est faite est procureur spécial de la CRIET, le garde des sceaux invitait ce dernier à se « rapprocher immédiatement » du destinataire principal « aux fins ». Et pourtant, il s’agissait des dossiers de 5 anciens ministres étudiés par l’assemblée nationale qui a requis la poursuite devant la Haute cour de justice pour quatre parmi eux et rejeté la poursuite du cinquième. Etonnement ! Des ministres qui, pour la plupart, actuellement, ont la dent dure contre le régime de la Rupture.

A peine cet épisode finissait quand le Président de l’Union sociale libérale reçoit sa convocation pour aller devant la même cour d’exception. La CRIET. Naturellement, ses militants et collaborateurs n’ont pas hésité à crier au harcèlement et à l’acharnement. Les mains du gouvernement étant vues derrière cette convocation dont le motif étonne les avocats de Sébastien Ajavon. Devant les médias ce jeudi, Kato Attita, l’un d’eux, a fait savoir sa surprise. Mais selon lui, son client répondra à la convocation le jeudi 4 octobre prochain. Le « roi de la volaille » est devenu opposant au régime dont il a contribué à l’installation depuis la survenue de l’affaire dite cocaïne pure pour laquelle il avait été arrêté le 28 octobre 2016 et gardé en vue jusqu’au 4 novembre.

En attendant que Sébastien Ajavon ne réponde à la convocation le 4 octobre prochain, l’opposant Valentin Djènontin Agossou dont le dossier est déjà entre les mains de la Haute cour de justice et de manière surprenante de la CRIET, était attendu ce jeudi à l’Office central de répression de la cybercriminalité. Bien évidemment, le secrétaire exécutif des Forces cauris pour un Bénin émergent, ancien parti au pouvoir, ne pourra répondre à cette convocation en personne car étant hors du territoire national, selon certaines sources. On lui reprocherait la diffusion d’un courrier administratif. Un acte qui violerait le Code du numérique.

Entre CRIET, Haute cour de justice et office central de répression de la cybercriminalité, les opposants risquent bien d’avoir moins de temps à consacrer à leurs militants dans le cadre des élections législatives. Pendant ce temps, les blocs de la mouvance s’organisent.

Josiane KOI

La Rédaction

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