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Bénin : Quand la méfiance plombe le dialogue social !

Même si la rencontre entre le Chef de l’Etat et les responsables syndicaux qui devait se tenir l’après-midi de ce mardi a été reportée à cause « d’une contrainte de dernière minute » selon le communiqué de la Direction de la communication de la Présidence de la république, un préalable capital reste à lever : la méfiance des acteurs syndicaux.

Déjà à l’invitation à se rendre au palais de la Présidence de la République afin de discuter directement avec le Chef de l’Etat assisté de membres de son cabinet et de son Gouvernement, les responsables syndicaux dans leur majorité à en croire quelques indiscrétions, n’entendaient pas se laisser emballer par le discours présidentiel. Pour preuve, à plusieurs reprises, la parole des ministres et même du gouvernement s’est révélée un piège. Alors qu’il avait été demandé deux mois de moratoire aux agents de la justice en grève en novembre dernier, leur attente s’est soldée par le vote de la loi sur le retrait du droit de grève.
Les agents de la santé, eux, avaient reçu la ferme promesse du Chef de l’Etat de les associer à la mise en œuvre des réformes. Mais depuis plusieurs semaines, plus rien. Et pourtant, l’opérationnalisation des réformes a commencé.
Les syndicalistes citent aussi la promesse de conserver les emplois dans les structures dissoutes ou privatisées. Mais au final, ce sont les droits qui sont payés et le personnel licencié. « Nous ne voulons plus des paroles. Nous en avons été victimes. Les militants à la base nous exigent désormais du concret », insiste Adolphe houssou, responsable syndicaliste du secteur de la santé.

C’est donc tout naturellement que le communiqué par lequel la Ministre de la Fonction publique, Mme Adidjath Mathys fit aux centrales syndicales le message du Président de la République de les recevoir au palais de la Marina est intervenu dans un contexte de crise de confiance découlant d’une tentative parlementaire de retrait du droit de grève aux travailleurs des secteurs de la sécurité publique, de la justice et de la santé. Cette tentative a engendré une série de grève dans le pays.

Bien qu’une décision de la Cour Constitutionnelle ait déclaré contraire de la Constitution, la disposition de la loi incriminée, les partenaires sociaux ont continué encore cette semaine de paralyser les secteurs de la justice, de l’éducation et de la santé entre autres par des grèves et n’entendent pas reculer.

La rencontre avec le Président de la République, quand elle se tiendra, pourrait n’en être pas une de dernière chance, tellement les partenaires sociaux se montrent méfiants eu égard à des antécédents.

KOI Josiane

La Rédaction

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