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Bénin : Une économie robuste selon le FMI, une trésorerie sous tension selon Wadagni

La première personne à contredire le rapport du Fonds monétaire international qui qualifie l’économie béninoise de “robuste”, c’est le ministre en charge des finances lui-même. Dans un point de presse, l’argentier national a expliqué la ” tension de trésorerie” actuelle, même s’il ajoute que la situation est identique dans d’autres pays de la sous-région. Comment une économie robuste peut avoir une trésorerie sous tension ? C’est la grande question.

Conduite par l’économiste Congolais Norbert Toé dont la réputation est connue même dans les milieux du Fonds Monétaire International, une mission du FMI qui a séjourné au Bénin du 21 mars au 1er Avril 2018 n’a curieusement rien vu des difficultés de fonctionnement des institutions de la République et du financement des charges salariales de l’Etat.  

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Norbert Toé, chef de mission pour le Bénin, a séjourné à Cotonou du 21 mars au 1er avril 2018 pour Afin de « mener les entretiens sur la deuxième revue de l’accord au titre de la facilité élargie du crédit (FEC) », peut-on lire sur le portail de l’institution, http://www.imf.org/fr/News/Articles/2018/03/30/pr18117-imf-staff-completes-program-review-mission-to-benin, une équipe des services du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par Monsieur Norbert Toé a séjourné à Cotonou du 21 mars au 1er avril 2018.

Quarante-huit heures avant la fin de la mission,  le chef de mission a rendu une déclaration qui, si, elle n’est contraire à la situation économique et financière réelle du pays, occulte tout de même des situations si tangibles que beaucoup d’observateurs s’interrogent sur les motivations de l’équipe de l’économiste Noé.

En effet, plusieurs acteurs et observateurs de la vie économique béninoise disent ne pas comprendre que la déclaration de fin de cette dernière mission du FMI n’ait rien dit ni sur la situation des salaires des fonctionnaires corrélée avec la grève qui paralyse depuis deux mois plusieurs secteurs notamment la justice, l’éducation et la santé, ni sur le niveau d’exécution de la loi des finances, gestion 2018 en cours.

Et pourtant,  Les entretiens entre la mission et les autorités béninoises, précise la publication introductive de la déclaration de Monsieur Noé sur le site de l’institution, « ont porté sur l’évolution économique et financière récentes ainsi que sur les mesures nécessaires pour favoriser une croissance inclusive, préserver la viabilité des finances publiques et de la dette, accroître l’efficience des dépenses publiques, ainsi que promouvoir la stabilité et l’inclusion financières ».

En dépit des liens très étroits entre les champs de la mission et les situations des grèves, de défalcations sur les salaires, de payement en retard des salaires, du faible niveau d’exécution du budget 2018 (moins de 10% au 31 mars), du recours aux mécanismes de levée de fonds sur le marché régional de l’UMOA-Titres puis récemment du processus engagé pour le rachat de 350 milliards de « dettes bancaires » en vue de leur rééchelonnement, la mission du FMI a conclu, avant terme que « les perspectives à moyen terme restent favorables, la croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre un peu plus de 6% sur la période 2019–22, tirée par une hausse des investissements privés ».

Ludovic GUEDENON

 

La Rédaction

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