Salamin Magazine

Burkina Faso / Festival Rendez-Vous Chez Nous : Une parade pour le dialogue et la résilience

Plus d’un demi-millier de personnes ont pris part, ce samedi 09 février, à la grande parade marquant le lancement de la 10è édition du festival des arts de rue « Rendez-vous chez Nous ». Une parade qui, même si elle est devenue une tradition pour ce festival créé il y a 10 ans, se tient dans un contexte sécuritaire tout particulier. C’est donc à juste titre qu’elle a tôt pris l’allure d’une mobilisation « pour le dialogue et la résilience », thème de cette édition. 

« C’est le peuple qui parle. Il faut l’écouter, le voir se mobiliser contre ceux qui l’attaquent ». Face aux hommes des médias à la Place de la Femme où venait d’échouer la parade de lancement du 10è festival des arts de rue Rendez-Vous Nous à Ouagadougou, Boniface Kagambega ne cesse de le marteler. La parade qui a pris départ 2 heures plus tôt de la Maison du Peuple de Ouagadougou et a parcouru environ 5 kilomètres est un acte de résistance. Elle s’inscrit dans la droite ligne du thème de cette édition-anniversaire du festival : Mobiliser pour le Dialogue et la Résilience. 

Longtemps redoutée, fréquemment repensée, la parade aura été minutieusement préparée jusqu’à la veille en complicité avec les Forces de Défenses et de Sécurité (FDS) du Burkina Faso. Elle s’est déroulée sous haute escorte avec des agents assez discrets pour laisser le peuple s’exprimer. Tout au long du parcours, des arrêts sont marqués pour de petites animations proposées par la quinzaine de groupes artistiques alignés pour la circonstance. « Oui, les arts de rue sont menacés dans un contexte que nous savons tous. Mais nous sommes convaincus que la solution viendra encore de la Culture qui est une arme parfaite de mobilisation et de dialogue. La marche de ce jour sonne donc comme notre réponse, notre soutien à nos Forces de Défense et de Sécurité », développe Boniface Kagambega. 

Des enfants portent la voix du peuple 

« Vivre », « Imaginer », « Agir », « Résister », « Rêver », « Aimer », « Mobiliser », « Construire », « Dialoguer », « Humain en état de marche ». Affichés sur des pancartes portées par une cinquantaine d’écoliers de Goughin, ces mots très évocateurs sonnent comme un message à l’endroit des autorités et des populations.  Tout le long du trajet, les enfants montreront ces pancartes aux curieux impressionnés par le rôle de ces gamins qui sont l’avenir. « C’est très significatif que ce soit des messages portés par des enfants. Même s’ils sont plus vulnérables que nous, ils représentent le futur de ce pays, de l’humanité », confie d’ailleurs un automobiliste, contraint à l’arrêt au Rond-Point de la Bataille du Rail, à quelques mètres du siège du Fespaco.

Cette performance est le fruit du projet « Humains en état de marche » conduit par Jérôme Boyer de la Compagnie Le Temps qui Sèche. Et si c’est la première que cette performance est présentée, elle est le fruit d’un long processus enclenché depuis la dernière édition du festival. « L’an dernier, j’ai discuté avec beaucoup de personnes et j’ai remarqué que les mêmes mots revenaient. Mais aussi que ces personnes se plaignaient de n’avoir pas l’occasion de s’exprimer, de s’adresser aux autres. C’est de là que l’idée a germé d’aider des enfants à porter la préoccupation du peuple » explique Jérôme Boyer. 

Performances, prestations artistiques, déambulations des grandes personnes de Boromo, défilé équestre, toutes les formes artistiques possibles dans la rue ont été alignées pour cette parade qui marque ainsi le démarrage de la 10è édition du festival hors les murs et gratuit « Rendez-Vous Chez Nous ». Cette année, une cinquantaine de compagnies d’une quinzaine de pays d’Afrique, d’Europe et de Canada sont programmés dans différents espaces de Ouagadougou et environ au profit de milliers de spectateurs.

Eustache AGBOTON

La Rédaction

Ajouter un commentaire

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Articles populaires