Salamin Magazine
IMG-20171010-WA0039

CHARLEMAGNE ANDOCHE AMOUSSOU, CRÉATEUR DE LA MARQUE LOLO ANDOCHE : « Nous habillons tout africain au revenu moyen »

1993-2017. Cela fait exactement 24 ans que la marque de prêt-à-porter Lolo Andoche existe. Pour célébrer cet événement, son promoteur Charlemagne Andoche Amoussou et son équipe ont mis en route une série d’activités visant à mieux se faire connaître du public béninois et étranger. Dans cet entretien, le créateur de la marque Lolo Andoche parle de ses débuts, de sa vision et invite tout le monde à se rendre dans ses boutiques pour plein de surprises._

*24ans déjà que la 1ère marque de prêt-à-porter africain made in Bénin a vu le jour, comment en êtes-vous arrivé à imaginer déjà en 1993, que l’avenir de la mode était dans le prêt-à-porter-africain ?*
Je pourrai dire que c’était une inspiration de Dieu parce que je ne suis pas en mesure de dire exactement ce qui est à la base de cette inspiration. Mais je me rappelle bien qu’avant de me mettre à apprendre le métier de la couture en 1990, je me posais déjà la question de savoir pourquoi l’Afrique n’avait pas sa marque de vêtements. Cela fait partie des choses qui m’ont poussé à apprendre la couture. Tout en étant encore apprenti, je faisais déjà des habits que je vendais à des amis. Cette façon de faire à l’époque me permettait de m’exprimer sans attendre l’avis du client. Je m’exprimais librement sur le tissu que j’ai acheté avec mon argent et au bout du rouleau, ça plaît. Donc, les habits se vendaient facilement. A partir de ce moment, j’ai créé une clientèle et cela m’est apparu tout à fait normal d’en produire plus pour la vente. En m’engageant dans cette voie, je savais que je ne pourrais pas concurrencer l’Occident. Alors, il m’a fallu trouver quelque chose de nouveau. Ce qui a été de travailler dans du tissu africain. J’ai donc commencé par faire des modèles occidentaux à partir du tissu africain. C’est pourquoi je disais plus haut que c’est certainement une inspiration divine.

*De quel état êtes-vous parti pour l’apprentissage de la couture ?*
Déjà en classe de 6ème, je dessinais des habits. Mais lors des journées culturelles et autres, je voulais être le mieux habillé. Alors je dessinais mon modèle que je me faisais coudre par un couturier de renom en son temps. Celui-là ayant remarqué le talent de créateur que j’avais, m’admirais et nous sommes devenus des amis. Je lui faisais en conséquence des dessins d’habits. Alors que je passais en classe de première, il y a eu l’année blanche. C’est suite à cela que j’ai pris la décision d’aller m’initier à la couture. Je n’avais pas l’intention d’en faire un métier. C’est une fois là-bas que j’ai pris goût et je ne suis plus retourné en classe à la reprise des classes.

*D’habitude les stylistes se spécialisent soit en tenue hommes ou dames, on remarque que vous faites dans les deux. Comment arrivez-vous à satisfaire les deux cibles?*
C’est vrai qu’au départ, j’étais beaucoup plus connu sur le prêt-à-porter homme. Chez les hommes, les chemises étaient faciles à coudre et faciles à vendre. Il n’y avait pas de souci de forme. Par contre chez les femmes, il y a la forme, la poitrine, le bassin, etc. Je savais bien coudre pour les femmes, parce que celui qui m’a appris le métier habillait les deux sexes, mais j’avais fait l’option de n’habiller que les hommes. C’est bien après que je me suis mis à habiller les femmes. Nous savons tous que les femmes s’habillent plus régulièrement parce qu’elles ont ce désir de changer de vêtements tout le temps, contrairement aux hommes. Notre prêt-à-porter est beaucoup plus orienté pratique. Le nom qu’on lui donne aujourd’hui, c’est le “fast fashion”. C’est-à-dire qu’on ne perd pas le temps à attendre un couturier avant de s’habiller.
Nous avons fait l’expérience où les clients venaient passer des commandes. J’avoue que ce n’est pas vraiment évident de travailler pour des gens qui payent réellement le prix de sorte à permettre au couturier de gagner sa vie ; à moins que ce soit une clientèle d’une classe supérieure. Moi, je me suis dit que si on veut satisfaire que les élites, alors l’objectif de promouvoir le prêt-à-porter africain et développer l’Afrique par ce moyen ne sera pas atteint. Donc aujourd’hui, nous habillons tout africain au revenu moyen.

*Mais il parait que seuls ceux qui ont des revenus importants peuvent porter du Lolo Andoche, confirmez-vous cette impression devenue populaire?*
C’est une fausse impression que les gens ont de nous. C’est pourquoi nous consacrons tout ce mois d’octobre pour nous faire découvrir par les gens. C’est un mythe que nous essayons de corriger. L’Africain généralement pense que le prêt-à-porter un produit de luxe et doit être forcément cher. En réalité, c’est faux. C’est plutôt les sur-mesures qui sont chers. Je vous assure que Lolo Andoche a des habits à partir de 10 000 FCFA. Toute personne qui viendra chez nous trouvera forcément pour son compte. C’est d’ailleurs notre principal cheval de bataille parce qu’il faut que l’Africain consomme du prêt-à-porter made in Afrique, made in Bénin, certainement du Lolo Andoche afin de développer l’économie locale.

*Quel bilan faites-vous de votre parcours 24 ans après surtout dans l’environnement économique et politique qui est le nôtre ?*
Après 24 ans, mon objectif n’est pas encore atteint. Toutefois, je suis convaincu que je ne suis plus au niveau où j’étais il y a 24 ans en arrière. Il y a eu des avancées, mais on n’a pas encore atteint l’objectif. D’ailleurs, on dit que celui qui veut aller loin fixe très loin ses objectifs. Nous sommes précurseurs de quelque chose qui prend dans le monde entier. Toutes les grandes marques s’inspirent de la mode africaine. Dans les magasins occidentaux, vous avez du africain. Je suis heureux de faire partie de ceux qui ont eu le courage de commencer cette révolution. Je dis bingo aujourd’hui, nous sommes allés très loin. C’est satisfaisant. Nous sommes sur une pente où la mode va faire développer l’économie béninoise. Nous remarquons que les regards sont beaucoup plus tournés vers l’Afrique pour la confection des vêtements.

*Quelle est l’envergure de Lolo Andoche au plan national et à l’international ?*
Au Bénin, nous sommes assez très bien connu. Nous travaillons à mettre en place des points de proximité afin que nos produits soient accessibles dans chaque zone du Bénin et également dans la diaspora. Dans la sous-région, nous avons commencé par implanter nos boutiques. Nous avons une boutique tampon à Lomé depuis quelques années. Elle marche normalement. Lolo Andoche s’installera bientôt dans d’autres capitales de l’Afrique.

*Qu’avez-vous prévue pour marquer ces 24ans ? Quel sera la particularité de ce mois anniversaire ?*
C’est pour nous le moment de faire connaître davantage nos produits et de les rendre accessibles aux Béninois. Il s’agit pour nous de permettre aux Béninois d’aller dans nos boutiques afin de découvrir la réalité des choses. Dans ce cadre, nous avons initié des actions de promotion sous diverses formes. Chaque semaine a sa surprise. Les Béninois sont donc appelés à aller découvrir Lolo Andoche. Le prêt-à-porter Lolo Andoche revient moins cher, en temps et financièrement. Nous produisons en série, limitée certes, avec pour incidence la réduction du coût de vente. Ce samedi 7 octobre déjà, nous avons fait une réduction de 10% sur tous nos articles dans toutes nos boutiques. D’autres actions comme “achat donne droit à un cadeau” vont se poursuivre. Il y a plusieurs activités que nous avons prévues tout au long du mois.

*Quelles sont vos nouvelles perspectives en abordant l’année des Noces d’argent (25ans) de Lolo Andoche ?*
C’est à partir de ce moment que commence réellement un tournant vers la réalisation de notre objectif qui est de rendre accessible le prêt-à-porter. Pendant nos 25 ans jusqu’à 50 ans et plus, nous nous y attèlerons.

*Pouvez-vous nous rappeler les points de distribution des tenues Lolo Andoche au Bénin et dans la sous-région ?*
A Cotonou, nous sommes à côté de la pharmacie Adéchina à Sikècodji. Nous sommes également dans la rue en allant à l’Hôpital de la mère et l’enfant lagune (Homel), c’est-à-dire la rue du Fitheb, ex ciné vogue. Nous sommes également à l’aéroport. Il y une boutique Lolo Andoche à Poro-Novo au niveau de l’espace « Ubuntu » en face du collège Notre Dame. Tous ceux qui veulent faire l’expérience du prêt-à-porter Lolo Andoche peuvent aussi s’adresser à notre boutique de Grand-Popo dans l’hôtel « Millenium Popo Beach ». A Lomé, la boutique Lolo Andoche est à côté de Fréo jardin non loin de la bijouterie “Walidia”.

*Votre mot de fin*
Les 24 ans que nous venons d’amorcer, c’est grâce à nos clients, grâce à tous ceux qui ont fait l’option de consommer nos produits. C’est la meilleure manière de nous accompagner. C’est aussi grâce à la presse qui nous a toujours accompagné depuis le début jusqu’à ce jour. Je dis merci à toute la presse béninoise et internationale.

_*Propos recueillis par Jesdias LIKPETE*_
Publié dans le quotidien *_NOTRE EPOQUE_*

La Rédaction

Ajouter un commentaire

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Articles populaires