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Dans les coulisses de l’accession de Boni Yayi au pouvoir

Dans les coulisses de l’accession du candidat Boni Yayi au Palais de la Marina, plusieurs acteurs ont ardemment œuvré dans l’anonymat. Ardents Yayistes de première heure, certains n’ont pu avoir la moindre reconnaissance de la partition qu’ils avaient jouée. D’autres, plus chanceux, ont été légèrement “aux affaires” avec l’élu. Un élu qui, par ailleurs, a fait beaucoup d’heureux dans le rang des ouvriers de seconde heure.
Se trouvant dans la deuxième catégorie, Tiburce Adagbè, ancien Conseiller technique du President de la République, secoue sa mémoire et livre des séquences inédites d’un parcours vers la Présidence de la République.
Sur son autorisation, les publications Salamins relaie chaque numéro de “Mémoire du chaudron”, ces écrits à main levée, à l’état brut qu’il distille depuis quelques temps sur les réseaux sociaux…

*Mémoire du chaudron*(2)

Dès que la voix fluette de l’assistante à l’autre bout de l’interphone annonça Lionel Agbo, Yayi activa dans une telle fébrilité la gâchette d’ouverture de la porte d’entrée du bureau, que le crissement sourd du déclic nous fit presque sursauter. Me Agbo apparut, dans une tenue locale blanche, svelt et légèrement courbée vers l’avant, un grand calepin de prise de notes enserré dans l’aisselle. Malgré les petits clins d’œil amicaux que nous échangeâmes discrètement avec lui, je perçu sa surprise de nous retrouver là.

En cette année-là, Yayi occupait encore le bureau présidentielle hérité de son prédécesseur le général Mathieu Kerekou, dans l’ancien bâtiment du Palais. C’était un modeste rectangle de moins cinquante mètres carré au bout d’un long couloir. Alors que tout le monde le pressait d’y changé tout le mobilier utilisé par son prédécesseur, le président Yayi décida de le garder tel. La grande table de travail en bois massif, la petite bibliothèque de rendement, les fauteuils de séjour en cuir autour d’une petite table basse. Cependant il ne pu résister aux différentes exhortations à renouveler la moquette au sol. J’ai toujours eu ma petite explication sur la chose. Le fait de conserver le bureau en l’état, l’avait plutôt aidé à vite rentrer dans la peau de président de la république. C’est un rythe personnel qu’il expérimenta déjà avec une certaine satisfaction, quand douze ans plus tôt, il alla remplacer, à la tête de la Boad, Aboubacar Baba-Moussa, le père de Yasmine Baba-Moussa qui deviendra d’abord sa secrétaire particulière à Lomé, puis assistante à la présidence du Benin.

Yasmine était une petite dame pleine de vie. Pour avoir déjà suivi Yayi pendant tant d’années, elle faisait partie de ceux qui pouvaient se vanter de vraiment le connaître. De son poste d’assistante du président de la république, elle avait un regard gyroscopique sur les grands dossiers du pays. Personne n’était assez insensé pour se la mettre à dos.

Le président invita chaleureusement Lionel Agbo à prendre siège. Tous les fauteuils de séjour étant déjà occupés, l’un d’entre nous céda place et alla tirer péniblement l’un des fauteuils visiteurs en face de la grande table de travail du maitre du pays. L’épaisseur de la moquette rouge-bordeaux ne facilitait pas, en effet, les roulements.

“Maitre, vous avez suivi les petits de Canal 3 ce matin ?” , lança Yayi à brûle-pourpoint. Puis, sans faire attention aux premiers mots de Lionel Agbo, il enchaîna: ” je me fais répéter du matin au soir que ma communication ne marche pas. Tous les diplomates ne cessent de me le dire. Wade m’a dit récemment encore que je ne tiendrai pas longtemps si ça devrait continuer comme ça “… ( la suite à la prochaine inspiration😇)

Tiburce ADAGBE

La Rédaction

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