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De la perception à la réalité : encore deux ans de cuisson…

Edito du mois

Il eut un temps, celui de la perception. Il est de plus en plus un autre, moins féérique, celui de la réalité. Ce premier temps, celui de la perception était jusqu’à un passé récent et court peut être encore pour certains, celui des annonces et des promesses auxquelles croyait la majorité des Béninois, fiers d’avoir à plus de 65% élu l’homme « immédiatement prêt à apporter des solutions » à leurs préoccupations notamment celles existentielles et liées à la fin du règne de l’impunité. C’était la liesse et c’était le soulagement d’avoir enfin installé à la tête du pays, un “Capable”, un “Agbonnon”. Evidemment, il y eut quelques lueurs, quelques étincelles mais qui hélas, onze (11) mois après n’ont guère encore pu générer la flamme devant cuir ce doux repas tant attendu. Il y a quelques mois en arrière, ce temps succulent de la perception faisait encore admettre que le « repas continue de mijoter au feu » et qu’il suffira d’un peu de patience qu’il cuisse et soit servi. Le peuple tout espérant, accepte donc de « serrer sa ceinture ». Mais ce temps semble finir car non seulement le « Capable » bombe de moins en moins le torse mais le peuple qu’il flattait très facilement ne paraît plus non plus prêt à admettre de continuer d’espérer en ses promesses bien que les dernières faites devant un parterre de rois, souverains, chefs traditionnels et autres dignitaires soient bien réalistes.

Accablés pour leur part, par la faim, osons le dire, leur impuissance face aux préoccupations telles les frais de scolarité de leurs enfants et leur épanouissement, les soins de santé et autres, bien de béninois ont de moins en moins l’oreille aux appels à l’espérance devenus eux aussi, peu retentissants.  Leurs auteurs sont soit essoufflés du fait des nombreux autres aléas de la réalité du pouvoir auxquels ils font désormais face, soit craignent le camouflet que pourraient leur infliger leurs auditeurs. En effet, très peu de gens pouvaient parier, il y a six mois encore en arrière que les décisions d’annulation ou de dénonciation entre autres de contrats de construction de certains axes routiers seraient un jour remises en cause. Et pourtant, cela est désormais chose faite. Qui pouvait croire que les fidèles musulmans auront la grâce de continuer à étendre leurs tapis ou peaux d’animaux aux abords de voies publiques pour leur séance hebdomadaire de prière ou que les chrétiens catholiques pourront circuler dans les rues pour leur chemin de croix du vendredi saint ?

L’autre aurait dû bien populariser son expérience qu’il a exposée dans une discussion privée, quelques mois après qu’il ait entrepris sa marche vers le Bénin Emergent : « j’ai vu un cours d’eau visiblement calme et je me suis jeté à l’eau. C’est au fur et mesure que j’avance que je réalise qu’il y a dans ce cours d’eau des caïmans, des crocodiles, même des cailloux… que je dois veiller désormais à contourner ou anéantir… ».

Onze mois après, alors que nous amorçons notre descente vers l’aéroport de l’an 1, le « capable » ne semble pas bien loin de cette dure et immuable réalité.

Hélas, car comme nous l’enseigne Jerry Hopkins dans Personne ne sortira vivant d’ici, « si les portes de la perception étaient purifiées, chaque chose apparaitrait à l’homme comme elle est, infinie ».

Mais point n’est besoin de désespérer. Des réalisations se feront certainement. Peut-être pas à l’ampleur de « Agbonnon » mais elles se feront. Car nul président ne peut avoir un mandat totalement négatif. Espérons encore deux ans. Deux longues années pour certains. Deux petites années pour d’autres. Mais deux années quand même.

 

 

La Rédaction

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