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Débats au parlement hier : L’intégralité du témoignage de Adam Bagoudou sur le cas Komi Koutché

Sa version des faits était très attendue dans le dossier de vol de 95 millions Fcfa au domicile de l’ancien ministre d’Etat Komi Koutché. Et le député Adam Bagoudou n’a pas manqué au débat. Sans ambages, il a raconté la réalité des faits et reconnait avoir été celui qui avait remis les fonds à l’ancien directeur de campagne pour couvrir les dépenses de la campagne électorale dans le département des Collines.
C’est par suite de cette intervention et celle des autres députés qu’il a été décidé du rejet de la demande de poursuite de Komi Koutché devant la Haute cour de justice.

L’intégralité de l’intervention de Adam Bagoudou à la plénière du jeudi 13 septembre 2018

Merci Monsieur le Président de l’assemblée nationale. Je voudrais aussi saluer ici votre clairvoyance et votre lucidité politique. Je voudrais saluer monsieur le président, votre vision de faire de notre institution parlementaire, un outil de contribution au renforcement de la démocratie et de l’état de droit. Monsieur le président, quand on est à votre place, on n’entend pas que des éloges. A côté des éloges, vous aurez des critiques parfois justes ou des critiques parfois injustes. Ainsi va la fonction. On n’est souvent pas compris, et l’incompréhension va avec. Ceci est davantage vrai pour une institution représentative où chacun croit lire à travers vos actes, vos décisions, les positions qui parfois prêtent à confusion. Et pourtant, c’est pour la bonne cause.

Monsieur le président de l’assemblée nationale, en attirant l’attention de la commission des lois sur les textes complémentaires qui sont arrivées pour renforcer la compréhension de la représentation nationale, je sais que vous n’avez pas été compris. Mais à l’allure où vont les débats, on a bien envie de vous donner raison. Vous avez vu juste de faire en sorte qu’on attire l’attention des collègues sur les pièces complémentaires au dossier. Évidemment que ici ce n’est pas un tribunal et que donc les avocats ne doivent pas venir plaider ,mais l’éclairage apporté a dû jouer un rôle capital.

Monsieur le président en agissant comme vous l’avez fait, vous avez voulu donner à chaque personnalité, l’occasion de faire entendre sa cause.. Que sa cause soit entendue conformément à l’article 7 de la charte africaine des droits de l’homme qui précise que chaque personne à droit à ce que sa cause soit entendue. C’est ce que vous avez voulu faire. Beaucoup l’ont dit tout à l’heure. Lorsqu’on connaît comment le budget national est géré, lorsqu’on connaît les procédures de mise à disposition des fonds, on s’interroge et on est scandalisé, on est ahuri de savoir que il y a tant de liquidité au point de permettre que des choses comme ça se passent. Tout ceci nécessite une clarification et une mise au point et permette aux personnes de laver leurs honneurs. Monsieur le président, si je n’intervenais pas dans ce dossier, ça serait une très grosse omission, parce que, parmi les pièces complémentaires qui ont circulé, il y a une qui porte le nom de Adam BAGOUDOU, et beaucoup peuvent s’interroger , et veulent bien avoir confirmation, et se disent de quoi s’agissait -il ?

C’est vrai monsieur le président, chers collègues, sur le montant de 95 millions, l’honnêteté intellectuelle et politique suggèrent que je confirme que ce n’est pas 800 millions qui ont disparu dans la maison de Komi KOUTCHE ce mois de février 2016, c’était 95 millions. Je confirme parce que simplement, il venait de prendre les ressources de mes mains monsieur le président, alors qu’il était directeur de campagne. Et tel qu’un collègue vient de le dire, les sous étaient destinés à une répartition. Et il m’a appelé le lendemain très tôt pour dire, mon cher grand frère j’ai un problème. Il faut m’aider à parler aux collègues de Dassa, de Savalou, de Ouèssè, de Savè que les sous ont disparu. J’ai dis ah bon ? Il a présenté le tableau aux collègues. Donc les 95 millions sont bel et bien les fonds de campagne électorale. C’est pour ça que je pense comme beaucoup de collègues l’ont dit, que l’infraction qui a été constituée sort totalement du champ d’application de l’article 136 de la constitution, monsieur le président.

En effet, 95 millions perdus dans des conditions, d’abord l’origine même des sous, je viens donc de le dire, la pièce qui est annexée au dossier, je reconnais que c’est bien moi qui ai remis les sous au directeur de campagne à l’époque. Et donc, que ses sous aient pu être volés à son domicile, c’est bien possible. Personne ici, en tout cas tous ceux qui ont participé à une campagne électorale ne peuvent jamais dire qu’ils n’ont jamais gardé des sous par devers eux. Donc sur cette question, l’infraction qui est constituée sort du champ d’application de l’article 136, et je voudrais qu’on comprenne qu’on n’a pas besoin de la représentation nationale pour clarifier ce dossier de 95 millions. Monsieur le président, je voudrais finir en vous félicitant de nouveau, parce que cet exercice permet à l’ensemble du peuple béninois de prendre la mesure de la contribution forte de la représentation nationale, dans la lutte contre la corruption, contre l’impunité. Il y a beaucoup d’éléments que les dossiers ont révélés, mais à première lecture, ça peut échapper. Or, en poursuivant les investigations les collègues pourraient comprendre, apporter la contradiction et clarifier. C’est pour cela que je voudrais encore une fois vous dire merci pour cette clairvoyance que vous apportez dans la conduite de ces débats. Merci monsieur le président.

Par Mayeul DJIDONOU

La Rédaction

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