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Difficiles conditions sur le campus de l’UAC : Les mouvements étudiants dénoncent le gouvernement

Les trois mouvements à caractère syndical d’étudiants sont fâchés contre le gouvernement. L’UNEB, la FNEB et l’UNSEB n’apprécient pas le sort qui est réservé non seulement aux organisations faîtières mais aussi et surtout aux institutions spécialisées. Ils l’ont fait savoir à travers une lettre ouverte acerbe adressée au Président de la République. Dans leur adresse, les responsables étudiants fustigent le fait que les autorités de l’Université d’Abomey-Calavi, n’aient pas repris la collaboration avec eux malgré la décision de la cour constitutionnelle ayant déclaré contraire à la Constitution la suspension des activités des organisations faitieres estudiantines le 5 octobre 2016.
Ils s’ insurgent également contre l’asphyxie financière des institutions spécialisées et les « faux frais » imposés aux étudiants.

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Réf : 003-17/FNEB/UNEB/UNSEB/Pdt/SG Abomey-Calavi le 25 septembre 2017

Le Bureau Exécutif de la FNEB
Le Bureau Exécutif National de l’UNEB
Le Bureau Exécutif Universitaire de l’UNSEB

A

Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement

Objet : Lettre ouverte

Monsieur le Président de la République,

Nous venons respectueusement attirer votre attention sur ce qui suit:
Votre Excellence, depuis le 05 Octobre 2016, date à laquelle le Conseil des Ministres a suspendu les activités des organisations faitières d’étudiants, les étudiants des Universités Publiques souffrent le martyre car « n’ayant personne pour les défendre ». Ces derniers sont soumis dès lors à des conditions de vie et de travail dégradantes, qui n’offrent aucune garantie pour la formation des élites de demain. Nous vivons tout ceci dans un silence qui ne traduit pas notre incapacité à agir. Nous avions pensé qu’il serait bon de laisser le gouvernement faire. Mais le temps semble nous n’avoir pas donné raison. Malgré l’intervention de la Cour Constitutionnelle qui a montré les limites de votre décision vis-à-vis de notre constitution, rien n’a changé. Les autorités universitaires à divers niveaux profitent de cette situation pour nous écarter. Elles répètent à l’unisson qu’elles n’attendent que le gouvernement qui, devra prendre un nouveau décret pour permettre la collaboration entre organisations estudiantines et elles. Dans le même temps, des violations flagrantes des droits et acquis de l’étudiant, des oppressions financières de tout genre (mesure sélective des nouveaux bacheliers, frais de formations, frais de délivrance d’actes administratifs, etc.) sont observées.
Aussi, importe-t-il de souligner que ce sont les institutions spécialisées à caractère culturel, sportif, éducatif et journalistique qui sont les plus touchées. Aujourd’hui ces institutions spécialisées ne reçoivent plus d’accompagnement du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales, ceci à cause de la suspension des activités des organisations faitières. En effet, cet appui permet à ces institutions de réaliser leurs différentes activités de formation à l’endroit des étudiants qui, en dehors de la formation académique, ont choisi d’avoir une autre corde à leur arc. Cet état de chose risque de précipiter la chute de ce grenier qui participe depuis plusieurs décennies à la formation des élites de ce pays.
Monsieur le Président,
Convenez avec nous que la méthode que votre Gouvernement a adoptée n’arrange point la jeunesse estudiantine qui, pourtant a placé son espoir en vous. Le silence observé jusque-là est préjudiciable à l’épanouissement de la communauté estudiantine. Il est donc souhaitable que votre Gouvernement pose des actes concrets pour nous sortir de cette situation qui a déjà trop duré. Certes, nous avons appris la sortie du décret qui, désormais va réglementer notre collaboration. Mais dans le même temps, nous faisons l’amer constat qu’il est impossible de mettre la main sur ce dernier. Nous sommes donc tentés de dire que ce n’est qu’un effet d’annonce. Nous vous prions de ne pas abuser de ce semblant d’accalmie sur le campus car s’il y a une chose qui pourrait conduire les Universités Publiques dans une éventuelle crise, c’est le silence de votre gouvernement par rapport à la situation dans laquelle il a laissé le mouvement étudiant. Nous étions loin de penser que sous votre règne, la liberté d’expression et d’association serait mise à rude épreuve et que la couche estudiantine servira de cobaye. Il ne serait pas inutile de vous rappeler le rôle combien important que nous avons joué pour votre élection. Nous ne demandons pas une faveur pour ça ; mais que les choses se fassent dans les normes.
Excellence Monsieur le Président, restant ouverts aux dialogues, recevez nos salutations distinguées.

Pour le BE/FNEB,
Le Président Alimi GOUNOU
Pour le BEN/UNEB,
Le Président Alain NOUHO
Pour le BEU/UNSEB,
Le Président Olympass R. DAH-KINDJI

La Rédaction

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