Salamin Magazine
azatassou2

Force Cauris pour un Bénin Emergent: Le défi d’un affranchissement

azatassou2

S’affranchir. Responsables et militants de l’alliance politique Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) tentent de trouver la porte d’un affranchissement. Mais de qui et de quoi doivent ils réellement s’affranchir ?

 

 

Troisième grande relative sortie publique pour l’alliance Force Cauri pour un Bénin Emergent le samedi 03 décembre 2016 et c’est encore sur un goût d’inachevé pour une majorité de leurs militants. Réunis en Conseil National ce samedi 03 décembre 2016 pour entre autres préparer leur prochain congrès, les responsables, cadres et militants d’un certain niveau de l’alliance ont réfléchi autour du thème « Quelle forme d’organisation de l’alliance pour une meilleure contribution au renforcement de la démocratie ». Du discours d’ouverture du Coordonnateur national, Monsieur Eugène AZATASSOU à la déclaration finale en passant par les impressions des personnalités ayant pris part aux travaux,  difficile de noter une position claire, tranchée et alternative à la gouvernance du Président Patrice TALON, arrivé au pouvoir le 06 avril 2016 sur les cendres du régime du Président Boni YAYI dont l’alliance était le principal soutien politique depuis 2016 et lui est resté fidèle et loyale pendant les deux quinquennats de son règne.

Pour une troisième fois depuis le 06 avril 2016, l’alliance FCBE vient encore de rater une occasion. Le dépit dans l’opinion paraît si perceptible que c’est de l’intérieur même de l’alliance que sont parties les premières expressions de déception. Pour Monsieur Djimba SOUMANOU, ancien Ministre du gouvernement du Président Boni YAYI, membre de l’alliance et participant aux travaux du Conseil national à ce titre, « la place des FCBE est dans l’opposition » et il se réclame pour sa part d’ores et déjà de « l’opposition au régime actuel ». Mais cette déclaration ne semble engager que lui car la déclaration qui est intervenue plus tard et qui sanctionne les travaux ne dit rien de tel si ce n’est une condamnation par principe de quelques actes isolés de la gouvernance du Président Patrice TALON. Invité à l’ouverture des travaux au titre des partis amis, le président du Parti pour la Libération du Peuple (PLP), Léonce HOUNGBADJI non plus n’est satisfait de la position des FCBE, « qu’ils aillent faire l’opposition » lance til dans une discussion privée avec un ex confrère journaliste au lendemain des travaux. Pour lui, rien n’est dit dans cette déclaration des FCBE qui en soit au quotidien dénoncé déjà par les citoyens et autres activités du web.

Au cœur de toutes les discussions pratiquement sur les médias sociaux notamment des groupes WhatsApp, cette sortie des FCBE est critiquée aussi par leurs partisans qui attendent de leurs leaders plus d’audace et de courage que du camp des nouveaux dirigeants qui leur prédisent le destin des ex partis u alliances au pouvoir qui meurent avec le déclin de leur chef. Les cas de l’alliance Union pour le Bénin du Futur, du Fard Alafia autour du Président Mathieu KEREKOU ou de la Renaissance du Bénin (RB) du Président Nicéphore D. SOGLO sont abondamment cités.

Cette déclaration sanctionnant les travaux du Conseil national des FCBE fait suite à celle toute aussi ambiguë rendue publique il y a quelques mois par le collectif des députés élus de l’alliance qui pratiquement offraient au Président Patrice TALON leur disponibilité à promouvoir et accompagner tout ce que son gouvernement et lui entreprendront dans le sens de la « cohésion nationale » entre autres.

 

Dans l’entre deux …

Nul n’ignore dans l’opinion le poids de l’influence du Président Boni YAYI sur les décisions de l’alliance FCBE, nul n’ignore non plus les amitiés parfois de « très longues dates » qu’entretiennent à ce jour certains barrons de ladite alliance avec l’homme d’affaires, précédemment soutien financier de l’alliance, devenu Président de la République du Bénin à l’issu de l’élection présidentielle de février et mars 2016. Nul n’est enfin suffisamment naïf pour ne pas supposer qu’en dix (10) ans de gestion du pouvoir au sommet, le Président Boni YAYI et ses soutiens n’aient rien commis comme fautes ou erreurs à partir desquelles le nouvel homme fort pourrait les « tenir ». Ces éléments ajoutés au contexte d’un nouveau départ voulu par le peuple lui à plus de 60% de la population électorale rendent « difficile » le discours politique estiment des observateurs qui craignent pour tout porteur d’un discours politique critique, le risque d’un «désaveu » de la population pourtant victime de bien de décisions et options des nouveaux dirigeants.

« Je n’aimerais pas être à la place des FCBE », se soulage un acteur politique qui n’est ni pour l’un ni pour l’autre des deux camps.

De qui et de quoi les FCBE doivent-ils donc s’affranchir ? S’ils tournent dos à leur « Maître » Boni YAYI pour se tourner vers son « ennemis » depuis les événements de 2012, ils seront traités de « traitres », s’ils s’engagent à s’aligner sur la ligne du maître qui sans doute voudra en découdre avec son ami d’hier, ils seront jugés « vindicatifs » voire « aigris » ou « apatrides » car ils ne risquent que de voir du mauvais dans tout ce que le Président Patrice TALON fera et s’ils tentent de rester objectifs afin de juger au cas par cas les actes de la gouvernance actuelle, seront ils compris par le peuple qui, à certaines occasions, a montré sa préférence pour les prises de position sensationnelles ?

En attendant la tenue du congrès prévu début 2017, plusieurs personnalités membres de l’alliance semblent bien vivre la hantise de la question suivante « comment réussir à n’être l’otage d’aucun des sous-groupes qui prolifèrent au sein de l’alliance au gré des conflits antérieurs, des calculs actuels et des projets de positionnements futurs ? ».

 

La Rédaction

Ajouter un commentaire

Suivez-nous sur les réseaux sociaux