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Edito du mois : Aviser, un verbe à valeur de super glue au Bénin !

Le dictionnaire français Larousse définit le mot « aviser » par « réfléchir à quelque chose, y pourvoir, faire un plan pour atteindre un but ». Et le même dictionnaire va plus loin en donnant un exemple que voici : « les vacances arrivent : il va falloir aviser ; où-va-t-on ? ».

Mais en République du Bénin, ce petit pays dont « le poids est lourd » ainsi qu’a fini par le caractériser feu Général Mathieu Kérékou, ce verbe porte désormais une charge et une pesanteur qui maintiennent au pied d’un leader, ses soutiens.

En effet, depuis qu’au moment de débriefer sur le vote par lequel l’Assemblée nationale a rejeté ce 04 avril 2017, son projet politique phare de révision de la Constitution du 11 décembre 1990, le Président de la République, Patrice Talon a dit qu’il avisera quant à son choix d’être ou non candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle de 2021, il y a comme une colle forte voire un « super glue » qui maintient désormais au sol et à ses pieds, tous ceux de ses soutiens qui pour certains, avaient même commencé par envisager leur avenir politique sans lui.

Pour beaucoup d’observateurs et même d’acteurs politiques de premier plan, le Président Talon dont certains collaborateurs annonçaient au lendemain du 04 avril, un nouveau règne fait dorénavant de « ruse et de rage », venait ainsi de renoncer à ne faire qu’un seul mandat ainsi qu’il l’avait clairement promis lors de la campagne pour son élection. Un peu comme pour dire, vous avez refusé ma proposition de réforme constitutionnelle prévoyant entre autres la limitation du nombre de mandats du Président de la République à un seul, alors « je n’ai aucune aversion pour la fonction présidentielle », et retenez désormais que « j’aviserai » au moment venu de « ma candidature ou non à ma propre succession ».

En revanche pour d’autres, ce verbe « aviser » ainsi que l’a conjugué le Président de la République, venait de lui sauver « sa majorité » qui dès le soir du 06 avril 2016 avait déjà lancé la recherche de son successeur et plusieurs de ses collaborateurs inscrits sur la ligne de départ. Non seulement, estiment des politologues, « ce climat ne garantie pas autour de Président, la cohésion nécessaire pour l’exécution de son programme d’actions », mais « risquait surtout de saboter ses bonnes intentions et actions ». La guerre froide avait même déjà commencé de manière à peine voilée entre certains de ses collègues.

Et depuis lors, les activités d’installation de cellules de base au profit de certains se sont arrêtés et les déclarations nouvelles de soutien de renouvellement de soutien s’enchaînent sans répit. C’est tant mieux pour la cohésion et l’assiduité dont le Président Patrice Talon a besoin pour garantir d’être « porté en triomphe » le 06 avril 2021 au terme de son mandat qui reste selon certaines indiscrétions, « unique ».
Par Ludovic G.

La Rédaction

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