Salamin Magazine

Editorial : La passion avant pâques


Il sonnait un peu plus au delà de 22 heures (GMT) le 30 janvier 2019, quand j’annonçais sur mon compte twitter le titre que je comptais donner à mon prochain éditorial « Inévitable (s) affrontement (s) ».

Puis après, je me suis laissé saisir par une crainte de paraître, un incitateur à la violence, fait répréhensible au regard du code du numérique en République du Bénin de même que dans plusieurs autres pays par diverses législations. Mais aussi la crainte d’être perçu comme « homme de peu de foi » en la capacité de nos pays à traverser les zones de turbulences électorales sans animosités, ni barbaries.

Alors, je m’étais résolu à l’espérance que ces moments qui s’annonçaient tumultueux au Nigéria, au pays de la Teranga, chez Akaba, l’ex Danxomè, en République très très démocratique du Congo, passent sans, ainsi que le priait si fortement feu Monseigneur Isidore de Souza de vénérée mémoire, « (…) qu’aucun bain de sang ne nous éclabousse et ne nous emporte dans ses flots ».

Mais hélas ! Alors, très hélas ! Le Nigéria et le Sénégal n’ont pu l’éviter ; si moins lourd que puisse être le bilan aux yeux de certains acteurs, des vies y ont été éteintes sans pouvoir éteindre l’ardeur des pouvoirs qui y ont renouvelé leur contrat social avec les rescapés.

Au Bénin, la localité de Kilibo, à quelques trois cent (300) kilomètres au nord de la côte du golfe de Guinée, pour des élections simplement législatives, donc pour des enjeux non aussi importants qu’au Nigéria et au Sénégal, et avant même le processus proprement dit, on dénombre déjà des victimes dans les rangs de civils aux prises avec des détachements de la défense nationale sous un prétexte de maintien d’ordre public.

Et il est bien à craindre qu’il en tombe davantage au regard de la situation d’exclusion de partis de l’opposition contre laquelle s’élèvent des voix aussi bien dans la société civile que du sein des acteurs politiques. D’ailleurs, le gouvernement est passé de déploiement d’hommes en armes que viennent juste déposer des véhicules de transport militaire à une patrouille continue de véhicules légers de transports de troupes qu’assimilent les populations à des chars. A Porto-Novo, la capitale, à Cotonou et dans plusieurs autres grandes villes du pays, les files de ces matériels roulants de l’armée de terre transportant des militaires armes au point sont visibles.

Le Nigéria, le Sénégal et la République démocratique du Congo ont passé déjà leur passion, le Bénin y entre avec le risque d’un bilan peut-être plus lourd. Ce n’est pas souhaité. Vivement pâques !

Ludovic GUEDENON

La Rédaction

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