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Fonds national de la microfinance : Le MCPP devient le MCM

Après dix années de mise en œuvre, le Programme de microcrédits aux plus pauvres, initiative phare en matière d’autonomisation de la femme sous le régime du président Boni Yayi et qui a connu plusieurs évolutions sur le parcours, change de dénomination. Avec l’avènement du Régime de la Rupture, il s’appellera désormais « Microcrédits Mobiles » (MCM). C’est ce qu’annoncent des sources proches du comité de pilotage de cette initiative que gère le Fonds national de la microfinance et qui sera lancé officiellement en avril prochain.

Le changement d’appellation du programme (après suspension, audits et relance) est suivi d’une profonde mutation dans la mise en œuvre. Une mutation qui n’est que l’aboutissement du processus de digitalisation des interventions enclenché depuis près de sept années. De manière concrète, il s’agira de digitaliser (à base de supports technologiques adéquats) l’opération d’octroi et de remboursement de crédits. Dans ce sens, l’installation de la plateforme devant servir de support technologique est en cours et à une phase très avancée au siège du FNM.
Dans le montage structurel, les Systèmes financiers décentralisés restent les partenaires stratégiques du Fonds national de la microfinance. Autrement dit, la dynamique du faire-faire est maintenue. Ce qui garde le FNM dans son essence d’institution d’appui à la microfinance.

L’autre innovation, c’est qu’avec le MCM, les SFd devront se mettre en contact avec un réseau d’agents pour permettre et faciliter les opérations de décaissement et de remboursement. Selon la taille des populations de chaque localité, il est envisagé qu’il y ait un agent par village ou quartier de ville. Ces « agents mobiles », d’un niveau intellectuel acceptable, seront recrutés et formés pour bien jouer leur partition dans le processus.

Par Joël C. TOKPONOU

Encadré
Attention aux politiques !
Dans l’élan des réformes au niveau du programme de Microcrédits aux plus pauvres, des acteurs politiques se positionnent déjà. Leurs propositions assez alléchantes pour “la réussite du programme” consistent à prendre en charge les frais de formation des « agents mobiles » qui seront recrutés. Initiative louable a priori mais porteuse de piège et de germes d’échec pour ce programme rénové. De plus, ces élans de bon samaritain se prennent en un moment où le comité de pilotage n’a même pas encore totalement achevé son travail et que le conseil des ministres ne s’y est pas encore penché pour une validation.

La digitalisation des microcrédits, longtemps attendue constitue une innovation majeure qui permettra de relever le FNM mais les politiques sont aux aguets. Il faudra y veiller.
Par Joël C. T.

La Rédaction

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