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Hermann PADONOU au sujet du projet PlanerZou :”Il faut que les communes aboutissent à des projets qui permettent dexploiter l’énergie solaire “

Du 26 au 28 juillet 2017 à Bohicon, les neuf (9) communes du département du Zou, parties prenantes du projet PlanerZou, ont pris part à un atelier d’explication des enjeux dudit projet et de ses répercussions sur le développement des populations. Mais qu’est-ce que le PlanerZou et comment le projet constitue-t-il une avancée pour les communes du Zou ? Hermann PADONOU, coordonnateur de l’Union des Communes du ZOU (UCOZ) s’est prêté aux questions de salamins.com

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Salamins.com : L’atelier qui a réuni du 26 au 28 juillet les neuf (9) communes du département du Zou s’est tenu dans le cadre du projet PlanerZou. De quoi s’agit-il concrètement ?

 

Hermann PADONOU : PlanerZou est un projet de planification énergétique dans le département du Zou. Il est financé par l’Union Européenne et permettra d’ici à la fin du projet de pouvoir disposer d’une planification chiffrée et basée sur des diagnostiques approfondis, de la thématique énergie et climat. Il faut savoir que dans le passé, il existe des Plans de Développement Communaux (PDC), mais ils ne se sont pas encore véritablement intéressés aux enjeux du climat qui se posent actuellement. De fait, les projets qui ont été développés à travers ces PDC n’ont pas pris en compte les besoins énergétiques qui accompagnent les actions qui sont planifiées. Et de façon générale, on observe dans le pays qu’il y a un besoin d’énergie à combler.

Sur le plan national par exemple, en ce qui concerne l’énergie conventionnelle, on est encore à 2,8% de couverture du besoin. Et quand on ajoute les autres sources de production de l’énergie, on va jusqu’à 54,5% démontrant ainsi l’important besoin énergétique qui se pose. Pour en revenir dans le Zou, il y a des industries qui existent dans chacune des communes du département et qui ont besoin du carburant qui est curieusement encore importé 100% alors qu’il y a la possibilité de produire du biocarburant sur place. Des initiatives sont en cours dans la commune de Zangnanando où ils sont arrivés à produire du biocarburant en substitution au gasoil.

PlanerZou, pour faire simple, permettra que ce biocarburant soit disponible dans tout le département du Zou et pour faire en sorte que l’énergie motrice soit accessible à moindre coût à l’ensemble de la population. Ainsi l’accès à l’énergie dans les ménages les plus reculés sera une réalité, car si nous n’arrivons pas à régler ce problème avec l’énergie de la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique, ndlr), il faut quand même que les communes planifient et aboutissent à des projets qui leur permettent d’exploiter le solaire pour combler ce besoin.

 

Investir donc dans l’énergie renouvelable pour le plein accès des populations à l’énergie. Ceci regroupe ainsi un volet de protection du climat et de l’environnement…

 

Exactement. Le projet prend pleinement en compte les enjeux liés au climat au moment où le Bénin s’est engagé sur le plan international à faire en sorte que le réchauffement climatique qui s’observe soit limité en dessous de 2° à travers les COP21 et 22. Les engagements du Bénin dans ce secteur se traduisent par les contributions que le Bénin veut faire. Notamment que le gaz à effet de serre soient emmagasinés à hauteur de plus de 300 mille tonnes à l’horizon 2030.

Cet objectif, nous allons pouvoir le rendre opérationnel dans le Zou à travers l’accompagnement que nous allons apporter aux communes pour qu’elles puissent insérer tous ces engagements par des planifications, des actions pour pouvoir aboutir à l’un de ses objectifs dans leurs PDC. Il s’agit donc de les appuyer dans la planification, pour faire en sorte que tous ces enjeux soient respectés d’ici à l’horizon souhaité.

 

Le projet a démarré depuis janvier 2017. Pourquoi cet atelier se tient maintenant et quel est son intérêt pour le projet ?

 

Il faut dire qu’avant cet atelier, l’ensemble des parties prenantes intervenant dans la mise en œuvre de ce projet au niveau des neuf (9) communes du Zou avait été sensibilisé sur le contenu du projet. Nous avons des partenaires qui sont venus de l’Afrique du Sud, de la France, de la Belgique, du Sénégal pour nous appuyer parce que l’action se déroule dans un cadre international.

Cet atelier est mis en place pour appuyer toutes les entités qui ont bénéficié de ce financement auprès de l’Union Européenne pour mettre en place des initiatives. Les partenaires sont là pour des actions de renforcement des capacités au profit des acteurs communaux, des OSC, et mettre donc le projet dans son contexte international. Les participants à l’atelier ont eu, avec cet atelier, une meilleure compréhension des enjeux sur le plan international et des avantages qu’ils auront à tirer de PlanerZou.

 

PlanerZou est prévu pour 30 mois. Est-ce suffisant pour l’atteinte des objectifs du projet ?

 

Oui, pleinement. Comme je le disais plus tôt, la grande partie du projet met l’accent sur la planification et devrait déboucher sur des projets finançables parce que les opportunités existent. Mais encore faut-il que les communes disposent des projets bien élaborés qui répondent à des critères bien précis.

PlanerZou apportera donc l’expertise nécessaire de sorte que d’ici l’année prochaine, tous ces plans d’accès à l’énergie qui seront élaborés répondent aux normes. C’est l’objectif principal du projet en dehors du fait qu’il y a quelques actions ponctuelles que le projet va mettre en place. C’est par exemple des actions de plantation d’arbres, de fournitures de poteaux d’éclairage solaire, mais également des actions de sensibilisation pour faire en sorte que de plus en plus, les foyers améliorés soient utilisés en substitution des foyers traditionnels qui existent et qui font beaucoup de destruction énergétique. Je n’ai pas de doute là-dessus, PlanerZou atteindra pleinement ses objectifs dans ce délai.

 

Contrairement aux autres bénéficiaires qui sont des villes, ici, c’est tout un département constitué de 9 communes qui a été choisi. Qu’est-ce qui a milité en votre faveur, à votre avis ?

 

Effectivement, nous avons la particularité d’être la seule intercommunalité qui ait été choisie, les autres bénéficiaires étant toutes des communes à part entière. Pour rappel, je précise qu’il y eu 7 bénéficiaires retenus en Afrique sub-saharienne : une ville au Togo, au Sénégal, en Côte-D’ivoire, en Mauritanie, au Cameroun et en Ouganda.

Pour répondre à votre question, je crois que la pertinence de notre projet et son adéquation avec l’ensemble des objectifs à atteindre ont milité en notre faveur. Mais également, il faut saluer le dynamisme du président de la Communauté des Communes du Zou, le maire Luc ATROKPO (maire de Bohicon, ndlr) et dont les efforts dans le passé ont servi. Parce que l’Union Européenne a aussi évalué les capacités des villes à gérer ce projet. Et ces capacités viennent de leurs efforts antérieurs, de leurs évaluations antérieures.

Ainsi, je pense que toutes les actions que le président avait menées en termes de coopération décentralisée ont également donné un peu de poids parce que les partenaires en coopération décentralisée sont parties prenantes du projet. Tout cela a milité pour que la CCZ soit sélectionnée parce qu’il a un passé assez lourd en terme de coopération décentralisée.

Propos recueillis par Houefa AHOMANGNON

Journaliste specialiste en decentralisation

©www.salamins.com

La Rédaction

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