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Jean-Michel Abimbola à la plénière hier : “La lutte contre la corruption ne doit pas cibler uniquement les responsables de l’opposition “

Pour le député Jean-Michel Abimbola, appartenir à l’opposition ou à la mouvance présidentielle ne doit pas être un bouclier pour éviter à un auteur de faits avérés de répondre devant la justice. Il l’a fait savoir hier lors de la plénière qui s’est penchée sur la demande de poursuite de 5 anciens ministres. “La lutte contre la corruption ne doit pas cibler uniquement les responsables de lopposition”, a-t-il martelé. “Mais de la même façon, être de l’opposition ne procure pas une double immunité parlementaire “, clarifie le député membre du Bloc de la majorité parlementaire.

Les propos de Jean-Michel Abimbola à la plénière du jeudi 13 septembre

“….C’est un dossier qui défraie la chronique. Le gouvernement a engagé une lutte implacable contre la corruption. Et pour cela, c’est la peur du gendarme, la peur de la sanction, que vous soyez artisans du BMP, que vous soyez opposés au régime…De la même façon, la lutte contre la corruption ne doit pas cibler uniquement les responsables de l’opposition.

Et de la même façon, être de l’opposition ne procure pas une double immunité parlementaire. Chaque fois qu’il y a un dossier qui concerne un député de l’opposition, doit-on les protéger pour ne pas être accusé de chasse aux sorcières? C’est vrai qu’on a besoin d’équilibre. Mais pour que la balance puisse s’équilibrer, il faut forcément que cela penche d’un côté d’abord. Monsieur le président, ça pourrait pencher et après, on va équilibrer. Qu’est-ce que je veux dire par là.. Je veux dire par là que le moment viendra où d’autres dossiers concernant la majorité parlementaire viendront ici et vous pouvez être persuadés que les députés que nous sommes, allons travailler pour que la justice puisse avoir de la matière pour investiguer et pour le cas échéant sanctionner.

Monsieur le président, j’aimerais rassurer les uns et les autres qu’il y a une imprescriptibilité des crimes économiques. Les dossiers que nous traitons aujourd’hui ne sont pas des dossiers de 2016, mais qui datent depuis le régime défunt. Ça veut dire qu’aujourd’hui si on soupçonne les proches du régime d’être impliqués dans des faits, tôt ou tard cela viendra devant le parlement, parce que le Bénin ne s’arrêtera pas en 2018, ni en 2021, ni en 2026. Donc si ces dossiers sont avérés, ils finiront pas être déférés devant nous et les uns et les autres en répondront.

Je voudrais dire aux collègues que nous sommes, chacun de nous des responsables et des représentants du peuple. Si par nos propres paroles, nous disons systématiquement que nous sommes tous pourris et corrompus, nous sommes entrain de saper les bases et les fondements de notre démocratie. Nous sommes entrain d’ouvrir la voie à des choses que nous ne voulons pas dans notre pays. Monsieur le président, je voudrais dire que les dossiers s’il y en avait ailleurs, viendront. Je voudrais que la justice continue son travail sans désemparer sans vérifier si tel ou tel est de la majorité ou de l’opposition. Je voudrais comme l’ont dit certains que le gouvernement retire le dossier Komi Koutché. Nous devons faire la démarcation entre les faits qui relèvent du droit commun et les faits qui doivent être connus par la Haute cour de justice.

En effet, si nous traitons certains dossiers, nous allons donner une mauvaise impression dans l’opinion. Il faut démontrer que nous ne nous sommes pas trompés parce que nous connaissons nos textes. Tout à l’heure pour le vote, je voudrais inviter les uns et les autres à en tenir compte. Le Parlement ne doit pas se mêler de ce dossier qui relève des tribunaux ordinaires. Je voudrais dire que la justice fasse son travail si effectivement il y a eu une infraction sur le fait de détenir des avoirs importants à domicile. Je voudrais vous faire remarquer que ce sont les collègues de la minorité qui ont souvent encouragé et félicité les magistrats chaque fois qu’ils se sont opposés au gouvernement. Donc il n’est pas bienséant aujourd’hui que ce soit eux qui remettent en cause l’intégrité et l’honnêteté de cette même justice. Arrêtons de jeter le bébé avec l’eau du bain….”

Par Mayeul DJIDONOU

La Rédaction

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