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Rosine-Vieyra-Soglo

Projet de révision de la Constitution au Bénin: Premier acte du Gouvernement, premières contestations des députés

Les premiers obstacles au projet de révision de la Constitution de la République du Bénin initié par le Gouvernement viennent de la Représentation Nationale dont les membres sont depuis quelques jours soupçonnés de concussion avec le Chef du Gouvernement pour conduire le processus en excluant le peuple. Contraste.  Adopté par le Conseil des Ministres en sa séance de ce mercredi 15 mars, le décret portant transmission à l’Assemblée Nationale du Projet de loi portant modification de la Constitution du 11 décembre 1990 est arrivé au parlement. Ainsi que le recommande l’usage, le Président Adrien HOUNGBEDJI en a fait une communication à la plénière de ce jeudi insistant sur la demande du Président de la République qui en souhaite un examen en « session extraordinaire et en procédure d’urgence ».  Coup de tonnerre. Il n’aura pas fallu plus que cette précision sur la demande du Gouvernement pour sortir l’honorable Valentin Agossou DJENONTIN de son silence. Il soulève une inquiétude sur les risques d’un travail bâclé en procédant par la procédure d’urgence telle que souhaitée par le Gouvernement. Il estime que la révision de la Constitution est toute aussi capitale que l’examen d’un projet de loi de finances pour que le Parlement se donne le temps et l’approche d’une large consultation, gage entre autres de sa crédibilité. L’honorable Djènontin sera suivi de plusieurs autres de ses collègues dont Mme Rosine Vierra SOGLO encore plus furieuse. « Qu’est ce qu’il y a d’urgent, Monsieur le Président, actuellement, qu’est ce qu’il y a d’urgent pour que toute affaire cessante, on se mette à réviser la Constitution… » s’est elle interrogé avant de rappeler quelques urgences de l’heure liées toute à « la misère du peuple » qu’elle recommande au Président de la République d’écouter.  En effet, dans la lettre adressée au Président de l’Assemblée Nationale afin d’introduire le projet de loi portant modification de la Constitution, le Président de la République écrit « je sollicite qu’il plaise à la Représentation Nationale, conformément aux dispositions de l’alinéa de l’article 88 de la Constitution et de l’article 78 du Règlement intérieur de l’Assemblée Nationale d’accepter de l’examiner en session extraordinaire et en procédure d’urgence ». Cet extrait de la lettre du Président de la République est considéré par l’honorable André Biao OKOUNLOLA comme une provocation de la Représentation Nationale car estime-t-il, étant donné que le sujet pour lequel la session extraordinaire est demandée par le Gouvernement est unique, point n’est besoin de souhaiter une procédure d’urgence en plus.  Le feuilleton ne fait que commencer et notre rédaction veillera à suivre pour vous, épisode par épisode.

La Rédaction

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