Salamin Magazine
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1er au Bac 2017 : Ulli Maforikan, une performance extraordinaire mais prévisible

Depuis le jeudi 20 juillet 2017, il est le plus célèbre au Bénin. Les quatre lettres de son prénom le plus court sont sur toutes les lèvres. Mais qui est Ulli Maforikan ? Comment a-t-il pu crever le plafond au Bac 2017 avec ses 18,50 de moyenne ? Comment Oluwatoyin Martory a passé son cursus scolaire ? Des questions se posent et se reposent.
A travers une rencontre inédite, www.salamins.com a rencontré le boss du Bac 2017, en son domicile, avec ses parents. Une discussion à bâtons rompus au contenu très intéressant.

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1er au Bac 2017 : Ulli Maforikan, une performance extraordinaire mais prévisible

Ulli Maforikan se décrit plus aisément avec les chiffres. 2ème au Bepc 2014 avec 18,50 de moyenne, 17,41 de moyenne annuelle au Collège catholique saint Augustin de Cotonou. Avec 20 en mathématiques, 20 en Sciences de la vie et de la terre, 19 en Physiques, 19 en Anglais, 16 en Français, 17 en Histoire et géographie, 16 en Epreuves physiques et sportives, 12 en Philosophie et 7 points supplémentaires pour l’Economie familiale et sociale et la musique qui sont ses matières facultatives, il a obtenu selon les résultats proclamés par la Direction de l’office du Bac, 18,50 de moyenne dans la série D. Exactement comme au Bepc, trois années plus tôt. Seulement qu’ici, Oluwatoyin, fier de ses 17 ans bouclés le 18 Mai 2017, n’a laissé aucun de ses concurrents le devancer. Décidément. Avec le 1er au Bac 2017, c’est une affaire de 17 et de 18. Place aux spécialistes de la numérologie pour expliquer le sublime éclat de ce soleil qui brille dans le ciel béninois.

Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein et comme une bénédiction, c’est maman, qui, dans l’après-midi du jeudi 20 juillet 2017 annonça à Toyin, la bonne nouvelle de son positionnement. « Puisque j’ai fini avec les cahiers de la terminale pour quelques semaines, j’ai voulu ranger un peu ma chambre. J’étais dans cette tâche quand maman m’appela d’une manière bien surprenante. A l’entendre, je savais que c’était une bonne nouvelle ou alors elle avait un problème très sérieux. A peine j’étais descendu quand elle a sauté à mon cou, tout en m’informant que j’étais le premier au Bac 2017 », raconte Toyin, sourire aux lèvres comme si la scène se déroulait à nouveau sous ses yeux. Moments d’émotion dans la maison. Accolades. Cris de joie. Chants et danses. Mais aussi prière d’action et silence. « A un moment donné, j’étais resté bouche bée. J’étais dans un état second », poursuit le jeune bachelier. Depuis cet instant, les appels se suivent et se ressemblent. Les messages aussi. Des félicitations et encouragements à décharger le téléphone portable. Un seul mot revenait sans cesse : fierté. Et Toyin le partage si bien avec ses admirateurs. « Avec ces résultats, je suis fier d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire. Je suis heureux de faire la fierté de mes parents, de mes enseignants, de l’administration de mon établissement, de mes proches et de tous ceux qui croyaient en moi », confie-t-il.

 

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Un exploit prévisible

Sur le parcours académique du désormais étudiant Ulli Maforikan, tout concourrait à ce qu’il réalise de telles performances peu ordinaires. Non pas parce qu’il a obtenu 18,50 de moyenne au Bepc (Ahouandjinou Yvet actuellement 3eme au Bac etait 2eme execo) mais parce qu’il est resté constant dans ses notes sur tout le cursus. En classe de Seconde, Aurel Débadé, un camarade de classe à lui, prophétisait déjà la forte probabilité qu’il arrache la première place au Bac. Même la veille du mercredi 19 juillet, veille de la proclamation du classement, Aurel, informé que son ami a obtenu la mention « Très bien », était presque certain que son vœu se réaliserait.

Avec 17 de moyenne à chaque trimestre, « les enseignants me mettaient en confiance. Plus l’année évoluait, plus mes notes devenaient meilleures », explique le lauréat qui ne voulait décevoir le grand nombre qui croyait en lui. Le pronostic n’était plus autour de son succès au Bac auquel il participait avec 115.254 autres candidats pour la session normale. C’était un acquis. Le challenge et le seul d’ailleurs, c’était la première place. Ses camarades en étaient convaincus. Ses enseignants le chantaient comme l’Aube nouvelle. Ses parents y croyaient. Mais le Terminaliste est resté la tête froide. « C’était beaucoup de pression mais je gardais toute ma sérénité. J’ai pu dompter cette pression grâce à mon travail, aux conseils et surtout à la prière », parole d’un jeune bien équilibré et encré dans la foi catholique.

Comme un engagement solennel, après la messe de clôture de l’année académique, sur demande de la sœur Clarisse Quenum, responsable du collège, il a promis devant tous les élèves d’occuper la première place au plan national. « Oui, c’est possible », avait presque juré Ulli.

Le Bac en poche, Ulli a une idée claire de ses perspectives. Son ambition, c’est de poursuivre ses études en médecine, puis plus tard, de se spécialiser en Neurologie.

Les secrets d’une réussite hors paire

Ulli est célébré aujourd’hui mais le chemin a été parsemé de privations et de rigueur personnelle. D’abord, son téléphone portable lui était retiré durant toute l’année académique sauf dans les périodes de congés. Et il n’en faisait pas un problème puisque conscient que le portable est aussi bien utile que nuisible surtout que le temps est très précieux.

Sur les neuf mois de cours, son emploi du temps était classique. Déjà que pendant les vacances, il avait fini les différents programmes, il passait son temps à faire des exercices et à aider ses camarades. « Je ressens beaucoup de joie quand des camarades viennent me dire, après une composition, que c’est grâce à moi qu’ils ont eu une bonne note. La connaissance n’est utile que quand elle est partagée. Et en aidant mes camarades, je renforçais aussi mes connaissances », indique Martory. Pas de veille exagérée. Pas d’études à pas forcés surtout quand le corps ne répond plus.

 

Entre études et sommeil, il se donne par moment un peu de temps pour se distraire. « En temps normal, ma distraction préférée, c’est la télévision. Je suis surtout le championnat anglais où j’ai une préférence pour Manchester United et le championnat espagnol avec mon équipe le FC Barcelone. J’adore surtout Lionel Messi. Seulement, j’ai suivi peu de match cette année », révèle ce fan du joueur argentin. La musique urbaine, c’est aussi sa préférence même s’il ne crache pas sur Anice Pépé, Sagbohan Danialou.

Au prochain exploit, Dr Ulli Maforikan.

 

Par Joël C. TOKPONOU

La Rédaction

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