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NAGO-MATHURIN

Réalisation du RAVIP : Quand les politiques s’abonnent au gaspillage

La Liste électorale permanente informatisée est morte. Vive le Recensement administratif à vocation identification physique. Cette nouvelle trouvaille sous l’ère de la Rupture et du nouveau départ, a pour finalité de donner un nouvel élan à l’état civil béninois.
Selon des sources proches des personnes chargées de la mise en œuvre, tout est presque prêt pour que l’opération démarre. On parle même déjà du mois de novembre pour que les premières actions de terrain commencent.
Fort de sa majorité parlementaire, le gouvernement n’a pas eu de difficulté pour avoir le vote de la loi dont la proposition a été portée par le député Mathurin Nago. D’ailleurs, il se dit par des personnes bien informées que l’opérateur technologique qui s’occupera de cette mission a été recruté même avant le vote de la loi. Si cela était confirmé, ce ne serait qu’une preuve de plus que la proposition de loi n’était en réalité qu’un projet de loi dont la mutation en proposition a été faite au détour d’un séminaire à Dassa-Zoumè.
Mais au-delà de ces observations politiques presque normales et habituelles dans le contexte béninois, il demeure un problème de planification et de rationalisation dans la gouvernance de l’Etat. Après avoir englouti plusieurs dizaines de milliards Fcfa dans la réalisation de la Lépi qui n’aura été utile que pour quatre élections, les politiques mettent la main sur le Ravip qui portera plus leurs « intérêts » certainement.
Le paradoxe, c’est que le député porteur de la proposition de loi qui a été votée et tous ses collègues qui ont voté la loi étaient, quelques années plus tôt, les ardents défenseurs de la Lépi. Certains parmi eux étaient au niveau des instances de réalisation de la liste électorale. Ils n’hésitaient pas, avec arguments sur arguments, à clamer la bonne qualité de la liste.
Avec ses deux volets politique et civil, le Ravip intègre dans une certaine mesure la Lépi. De là, n’y a-t-il aucune possibilité pour que la Lépi soit un complément du Ravip ? Le souci de rationalité et d’économie à l’Etat le préconise, sinon l’impose. Sauf si le besoin presque urgent de réformer la liste électorale cache des visées politiques inavouées et avantageuses pour un camp politique.
Par A.A

La Rédaction

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