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Santé du Chef de l’Etat : Mensonges d’état pour tout couvrir

C’est évident que tout était mis en place pour que la vérité ne soit pas connue sur l’état de santé du Chef de l’Etat. Et cela a marché. Du moins en partie.
1er Juin 2017. Grande surprise. Alors qu’on s’ attendait à voir le président de la République aller mettre des plants sous terre dans le cadre de la célébration de la Journée nationale de l’arbre, c’est une vidéo de Patrice Talon, debout, une main dans la poche, bien en forme, qui fit le buzz. Il a adressé ses remerciements aux 200.000 abonnés de sa page Facebook. Et comme avec les réseaux sociaux les polémiques s’ enflent vite au Bénin, l’attention est vite détournée sur la vidéo plutôt que vers l’hôpital parisien où Talon suivait sa deuxième intervention chirurgicale. Trop juste pour être une simple coïncidence.
Mais cette réussite n’a pas duré longtemps. Aussitôt la polémique de la vidéo éteinte, l’attention est revenue vers l’absence du Chef de l’Etat. La recherche du premier des Béninois s’enfle sur les réseaux sociaux. L’opposition , du moins, les individualités qui s’en réclament et les critiques saisissent cette opportunité politique et attaquent le gouvernement.
C’est là que le ministre des affaires étrangères et de la coopération entre en scène. Profitant d’une rencontre avec le corps diplomatique accrédité au Bénin, il informe que le Chef de l’État était en visite privée en France. Pluie de critiques dès les instants qui suivent.
Et comme si Aurélien Agbenonci, ancien camarade de collège et très proche ami de Patrice Talon avait reçu des remontrances dans son propre camp, il revient 24 heures plus tard pour rectifier le tir. Le Président est aller pour son bilan de santé, a déclaré le premier des diplomates à l’Agence France presse.
Avec cette contradiction, la parole du ministre des affaires n’était plus très crédible. Plutôt que de régler un problème, il en a créé un autre.
Joseph Djogbénou va à la rescousse. Une autre gaffe. Le ministre de la justice n’a pas donné plus de précision sur la position du Président de la République. Le seul message qu’il a pu faire passer, c’est que son patron est au pays. A tord, il n’a pas été compris or il utilisait un langage juridique. Inaccessible au grand public. La confusion s’ amplifie. Une volonté d’embrouiller ou un hasard ? Difficile de le dire.
C’est le ministre de l’intérieur qui posera la cerise sur le gâteau. Pour Sacca Lafia, Patrice Talon est allé en France dans le cadre de ses « fonctions ». Mieux, l’ancien député et fils de Pèrèrè dans le Borgou, par ailleurs numéro 1 actuel des flics invite avec beaucoup de fermeté et de sérieux, les Béninois à se préoccuper de ce qui les concerne. Il a aussi annoncé la venue du Chef de l’Etat pour au pus tard la moitié de cette semaine qui commence. Talon est venue avant que la semaine indiquée ne commence.
De deux choses l’une. Ou les interventions des ministres étaient hasardeuses car eux-mêmes n’avaient aucune nouvelle vraie de leur patron, ou c’était une action bien coordonnée pour nourrir les polémiques au moment où le Chef d l’Etat se soigne et récupère. Les yeux braqués sur Cotonou ne pouvant voir vers Paris.

Un moment inédit

Les trois semaines passées par Patrice Talon à Paris pour son bilan de santé, ses interventions chirurgicales et son repos sanitaire ont été très longues au Bénin avec une hyperactivité de ceux qui désapprouvent sa politique. Avec parfois beaucoup d’exagération. Le pire a été de l’annoncer mort puis de solliciter le président de l’assemblée nationale pour une transition.
La Direction de la communication de la Présidence de la République est accusée de toutes parts de ne pas diffuser d’informations sur la position réelle du Chef de l’Etat.
Mais en réalité, cette structure pouvait-elle donner des informations dans cette situation ? Oui, dans certaine mesure. C’était une obligation.
Mais dans le contexte socioculturel béninois, la santé reste un mythe. Même pour aller consulter le médecin pour un accès paludique, il est interdit de l’annoncer. Pire, quand il s’agit d’interventions chirurgicales, Le secret doit être gardé avec précaution. La distance Cotonou-Paris est réduite à moins de 2 kilomètres quand il s’agit d’aller pousser les mains du chirurgien lors de l’intervention ou de lui faire faire le contraire de ce qu’il aurait voulu. C’est aussi une réalité dont il fallait tenir compte.

Joël C. TOKPONOU

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La Rédaction

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