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Aéroport de Tourou: le député Amadou Issiffou demande les traces de 14 millards mobilisés par deux banques*

Déclaration

Monsieur le Président,
Chers collègues députés,

Comme je l’ai annoncé initialement, depuis le vol inaugural de l’Aéroport international de Tourou qui a eu lieu le 18 mars 2016, plus rien n’a évolué en faveur de sa mise en service. Finalement, après deux ans, nous avons compris que le gouvernement de la rupture ne veut pas entendre parler de la mise en service de l’Aéroport international de Tourou. Sinon, comment comprendre que le Ministre des Infrastructures et des transports ici présent, soit allé jusqu’à Parakou dans le cadre de sa tournée de prise de contact après sa nomination sans mettre pied sur le site de l’aéroport international de Tourou.

Il a fallu que je prenne mes responsabilités en demandant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire avant qu’il ne se rende en catimini sur le site de l’aéroport le samedi 21 avril dernier. C’est pourtant soixante-dix (70) milliards de nos francs appartenant aux contribuables béninois qui ont été investis dedans. Cette situation est juste incompréhensible.

Monsieur le Président
Mesdames et messieurs les députés,

À l’issue de la visite du site de l’aéroport de Tourou, j’ai fait le triste et amer constat de l’immobilisme du gouvernement dans le processus de mise en service de cet aéroport comme si cela ne le préoccupait pas. Pire, nous avons vu le manque de volonté politique à l’œuvre.

Aujourd’hui, on veut faire croire à l’opinion publique que l’aéroport de Tourou a été mal conçu pour justifier le retard dans sa mise en service. Nous protestons énergiquement contre cette démarche odieuse qui vise à nous endormir. Si tant est que l’aéroport international de Tourou est mal conçu, pourquoi le gouvernement a demandé son intégration dans les activités communautaires de l’ASECNA par la lettre N°6140/MIT/DC/SGM/ ANAC/SA en date du 24 juillet 2017.

Chers collègues députés,

Dans la même lettre du gouvernement de la rupture, le Ministre Hervé HEHOMEY y disait « Cet aéroport qui est un projet du gouvernement béninois a connu une grande avancée dans le cadre de sa mise en exploitation. À ce jour, il dispose des équipements installés et des ressources humaines adéquats pour assurer son exploitation technique conformément aux standards internationaux ». Sur quoi se basait ce ministre pour tenir de tel propos ?

Monsieur le Président,

En mars 2016, l’ASECNA a calibré des équipements installés à l’aéroport de Tourou et a certifié leur bon fonctionnement. Nous détenons aussi les rapports de contrôle concluant. Que le gouvernement nous dise alors ce qu’il a fait pour maintenir ces équipements en état de bon fonctionnement depuis qu’ils ont été certifiés.

Qu’il vous souvienne, il y a un environ 18 mois, le gouvernement de la rupture a fait déplacer le scanner des bagages à main de l’Aéroport de Tourou vers celui de Cotonou. N’eue été les dénonciations des faiseurs d’opinions et notre mobilisation personnelle, le gouvernement de la rupture n’aurait jamais ramené ledit scanner.

Malheureusement, nous étions loin d’imaginer que ces agissements du gouvernement étaient la première étape d’une démarche cynique visant à transformer l’aéroport de Tourou en marché de pièces de rechange pour l’Aéroport de Cadjéhoun. En effet, après avoir ramené le fameux scanner devant les micros et les caméras, ils sont revenus le soustraire à nouveau, et ceci, à l’abri des regards pour une destination que nous ignorons.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Au cours de notre visite de contrôle, nous avons constaté que des équipements électriques très sensibles sont exposés à la chaleur et à la poussière. De plus, le gouvernement de la rupture a démantelé le deuxième scanner à bagage, le vidant entièrement de ses composants. Nous avons aussi constaté la soustraction de certains équipements importants de la tour de contrôle.

Honorables collègues députés,
J’ai constaté tant de choses, tant de négligence, tant de sabotage de mes propres yeux, le vendredi 13 avril dernier à Tourou dans la commune de Parakou.

Monsieur le Ministre
Le 24 juillet 2017, le gouvernement par le biais du ministère des Transports a envoyé une lettre à l’ASECNA, ayant pour objet l’intégration de l’Aéroport international de Tourou dans les activités communautaires de l’ASECNA. En réponse à cette lettre, le Conseil des ministres des pays de l’ASECNA, réunis à Madagascar le 29 juillet 2017, a instruit la Direction Générale de l’ASECNA de mener des missions conjointes avec l’État béninois aux fins d’évaluer et de mettre aux normes les services, les installations techniques et les infrastructures de l’Aéroport de Tourou. Que le gouvernement nous dise ce qui a été fait dans ce cadre depuis cette décision du conseil des ministres de l’ASECNA ?

Monsieur le Président
La quasi-totalité des recommandations des missions techniques envoyées sur le site de l’aéroport de Tourou depuis l’arrivée de ce gouvernement n’a jamais été appliquée ? (Nous avons les rapports de mission en notre possession). Aussi, nous invitons le gouvernement à dire au peuple béninois ce qu’il a fait de la provision de 14 milliards mobilisé par la BOA et EcoBank pour financer la finition de l’Aéroport international de Tourou.

Monsieur le président,
Chers collègues députés,
Le gouvernement fait du dilatoire. J’ai avec moi des documents qui contredisent les propos du gouvernement sur toute la ligne. Et je vais bientôt les mettre à la disposition de la presse pour que tout le monde se rende compte de la mauvaise foi du gouvernement.
Je vous remercie.

La Rédaction

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