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Togo :Lomé a refusé de suivre l’opération « ville morte »

L’opération « Lomé, ville morte » lancée par le Parti national panafricain et deux autres mouvements politiques n’est pas suivi. C’est le constat fait ce matin dans la capitale togolaise.

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Vendredi 25 Août 2017. 9h 55 minutes. Nous sommes à l’entrée du bar-restaurant « Festival des glaces » situé sur l’avenue du 13 Janvier à Lomé. Un véhicule Ford de couleur blanche s’ immobilise devant le majestueux bâtiment qui abrite cette structure. A grands pas, le vigile accourt ouvrir la portière du conducteur. Simultanément, ce dernier ouvre la même portière. « Attendez d’abord. Dites-moi si vous êtes ouverts avant que je ne sache s’il faut sortir », demande l’homme habillé en tee-shirt orange. « Oui », répond fermement le portier. « Vous n’avez donc pas suivi le mouvement de la ville morte », déduit le client avant de monter rapidement les sept marches qui conduisent dans l’enceinte du restaurant.
Comme « Festival des glaces », la grande majorité les boutiques ont ouvert leurs portes ce matin dans la capitale togolaise. Que ce soit sur l’avenue du 13 Janvier, l’avenue menant au carrefour les ¾, l’avenue de la pharmacie du boulevard, l’avenue menant au carrefour « Colombe de la paix », l’affluence est grande. La circulation dense.

A environ 1 km de l’avenue du 13 Janvier, en face de la place, dame Akoko, la quarantaine, vendeuse de riz depuis 11 ans, s’ affaire avec ses deux domestiques, à installer son étagère et son commerce. De la « ville morte » annoncée, elle ne se préoccupe guère. « Ils ont dit de rester à la maison toute la journée. Est-ce possible ça ? Je ne suis pas malade. J’ai mon commerce. Et je vais m’allonger toute une journée sans rien faire. On ne m’a pas éduqué de cette manière », lance-t-elle en Mina, une langue locale, en soulevant une bassine remplie d’eau. Rires aux éclats de ses accompagnatrices qui l’aident dans son travail.

Plus loin, devant la pharmacie du boulevard, les vendeurs de portables alignés devant leurs boutiques ouvertes n’attendent que les clients. « Nous étions au stade de l’amitié à Cotonou au Bénin quand on nous a cassé. Nous sommes venus ici maintenant et on nous demande de rester à la maison. Finalement, on va faire comment ? Nous on est déjà sorti pour vendre. Que ceux qui donnent les mots d’ordre viennent nous chasser ou casser notre boutique », se désole Mike, un Ghanéen d’origine. Plus conciliant, son voisin propose aux acteurs politiques de discuter pour se comprendre. Il analyse : « c’est normal qu’il y ait des problèmes de compréhension. Mais il faut toujours échanger pour se comprendre. C’est ce qu’il faut pour le développement du Togo. Nous ne sommes pas Togolais mais nous vivons ici et nous avons besoin de la paix pour développer nos affaires ».
Au marché d’Amoutivé, les femmes sont présentés depuis 7h du matin pour apprêter leurs étalages.

Aux postes frontaliers d’Aflao, les échanges commerciaux et la circulation n’ont pas diminué d’ampleur.

Lomé n’a donc pas obéi à la consigne donnée par les responsables du Parti national panafricain. La ville n’est pas morte. Dans son communiqué, le groupe des opposants demandaient à la population de faire un recueillement à domicile toute la matinée avant de se rendre à des séances de prières à l’église et à la mosquée. Mais ce programme n’est pas suivi par les populations qui préfèrent vaquer à leurs occupations quotidiennes.

Source : Boulevard des infos

La Rédaction

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