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Togo : L’opposition déplace les violences vers les frontières

Avec la réduction sensible de l’effectif des marcheurs, l’opposition devrait changer de méthode. La nouvelle trouvaille, c’est les coups de force au niveau des frontières terrestres.

Mercredi, jeudi et samedi, les usagers de la route inter-États Aneho-Grand popo et particulièrement de la frontière togolo-béninoise ont été victimes de fortes violences de la part d’une centaine de marcheurs dirigée par dix “gros bras” aux yeux rouges, incontrôlables, comme s’ils étaient sous l’effet de substances psychotropes. Sur ces deux jours, et dans l’espace des temps des sit-in sur la route inter-États à la hauteur des frontières, plus rien ne bouge. De longues files de véhicules et de motos bloqués dans la circulation s’observaient. Et devant eux, la poignée de manifestants avec des chants et danses occupaient les deux côtés de la voie. Impossible d’oser franchir. “Nous ne les comprenons pas. Apparemment, c’est l’argent qu’ils veulent. Puisque quand ils sont arrivés à notre niveau, ils ont tapé nos véhicules au point où il a fallu qu’on leur donne de l’argent pour sortir indemnes”, s’indigne Clarisse restée durant deux heures de temps dans l’embouteillage avec les autres occupants de son taxi.

En fait, dès la fin de leur sit-in, les manifestants érigent des barrières sur la voie. Seuls ceux qui paient, passent. Les autres subissent la rigueur de la force de leurs bras. Leurs voitures et motos sont cassés et eux-mêmes physiquement agressés.
Particulièrement pour ce samedi, les tenanciers des boutiques ont été la principal cible. ” Avec violence, les manifestants les obligeaient à fermer nos boutiques. Ceux qui n’obtempèrent pas sont agressés et leurs étagères cassées “, s’indigne Elom, vendeuse de vêtements d’enfants à quelques encablures de la frontière. ” C’est déplorable que de pareilles choses se passent. Ceux qui réclament la démocratie doivent pouvoir tolérer la liberté d’actions. Ils sont à peine 100 et ils nous obligent à fermer nos boutiques alors qu’on est en période de fêtes de fin d’année. Une période où nous faisons nos meilleurs chiffres d’affaires “, poursuit-elle.
Que ce soit à l’aller comme au retour des marcheurs, la police était là pour l’encadrement. Les seules interventions des forces de l’ordre étaient pour empêcher les manifestants de casser les véhicules.
Même quand les marches prennent fin, des groupuscules mettent des barrages le long de la voie inter-États pour rançonner les conducteurs de véhicules.
De jour en jour, la violence s’amplifie aux frontières.

Gilles Agbéyomè (Depuis Avécodji/Anèho)

La Rédaction

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