Salamin Magazine
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Trois questions à Comlan Gilles Montcho : « Komi Koutché n’a plus 40 ans moins 06 mois ; il a désormais 40 ans plus 15 mois »

En se prononçant sur la situation sociopolitique actuelle, l’acteur politique Comlan Gilles Montcho, leader du réseau de jeunes et de femmes proches de l’ancien ministre des finances Komi Koutché décèle aussi bien des points positifs que des aspects négatifs. Il en profite pour rappeler que désormais, le blocage à l’ambition de son réseau par rapport à une éventuelle candidature de Komi Koutché est levé.

Salamins Publications : Déjà 20 mois environs que le nouveau régime est installé. Quelles appréciations faites-vous de la gouvernance ?

Comlan Gilles Montcho : Gérer un pays n’est pas aisé. Encore moins un pays comme le Bénin, c’est difficile. Il suffit d’avoir dirigé un petit groupe de Béninois et vous comprenez toute la délicatesse qu’il pourrait avoir à exercer la magistrature suprême. Donc il ne serait pas convenable d’affirmer que le bilan est totalement positif ou totalement négatif.
Pour aller un peu dans les détails, nous pouvons constater que depuis bientôt 20 mois, il y a eu beaucoup d’amélioration dans la fourniture de l’énergie électrique. Les actions du gouvernement ajoutées aux appuis de la banque mondiale font que le délestage, à défaut de disparaitre, a considérablement diminué. Un effort louable est également fait au niveau de la sécurité et de la libre circulation. Pareil pour la célébration des mérites. L’impulsion et l’encouragement que le Chef de l’Etat a donné aux jeunes promoteurs du foyer « Atingan » est appréciable. Nous sommes preneurs de toute initiative qui promeut la jeunesse. C’est le lieu de saluer l’entrée de bien de jeunes dans la nouvelle équipe gouvernementale. A eux de prouver que la jeunesse peut. Nous croyons en leurs capacités ; s’ils échouent, ce serait l’échec de la jeunesse. S’ils réussissent, ce serait encore en notre avantage.
Si on s’en tient aux différents conseils des ministres du début de mandat, on peut dire que beaucoup de réformes structurantes se planifient et certainement vont porter leurs fruits avant la fin du mandat.

Comme vous le souligniez, il y a certainement des aspects négatifs dans la gouvernance actuelle

Mais dans le même temps, il se constate dans le pays une morosité flagrante et notoire au plan économique. C’est à peine qu’on ne dirait pas qu’au plan économique, le gouvernement ne s’en sort pas bien pour le moment. Pour paraphraser l’ancien ministre des finances Komi Koutché, le gouvernement est désormais dans le « grand bassin de la piscine ». Nous avons foi qu’il ne se noiera pas. Car si c’était le cas, c’est le Bénin qui serait noyé. Mais il est nécessaire que le gouvernement revoie sa politique économique. Beaucoup de mauvais choix ont été faits au début et les effets se ressentent. Nous évoquerons juste le cas des déguerpissements sauvages dont les effets resteront pour longtemps encore et le cas de la suspension brusque des Microcrédits aux plus pauvres.
Une amertume difficilement digérable aussi c’est les guerres de personnes. Elle nuit énormément au pays. Depuis 2012, on ne vit que les inconvénients de ces affrontements entre moins d’une dizaine de personnes au sommet de l’Etat. Après le 6 Avril 2016, nous croyions que c’était la fin d’une telle situation mais malheureusement, elle a repris de plus belle. Le régime colle, souvent sous un ton très accusateur et dans une intention de vilipender, des dossiers à tous ceux qui ont la moindre voix non élogieuse. Le développement ne peut passer par la voie de ces affrontements de bas niveau. Vous direz que c’est la politique ; mais Non. Ce n’est pas la seule manière de faire la politique.
Beaucoup d’autres actions à connotation négative sont au compteur du gouvernement mais il a encore le temps de rectifier.

Il y a deux (02) ans, à pareil moment vous vous activiez pour la candidature à l’élection présidentielle d’un jeune, Komi Koutché. Quel était le blocage ?

Votre question me renvoie à de si exaltants souvenirs des inouïes capacités de mobilisation des jeunes lorsqu’ils croient en l’idéal projeté. Et Komi Koutché incarnait, et incarne encore, pour nous ses camarades jeunes un idéal : celui d’un meilleur pour le Bénin. Alors quelle ne fut pas notre joie lorsque par une décision rendue suite à un recours, la Cour constitutionnelle a levé tout doute quant à la possibilité qu’offre notre Constitution à tout prétendant à la magistrature suprême et qui fermera les 40 ans minimum au cours de l’année de l’élection, de pouvoir être candidat. Alors, c’est sans même attendre le moindre mot d’ordre de lui que du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, mouvements, associations, partis politiques et organisations de jeunes et des femmes se sont mis en branle et au bout de deux mois, le Bénin entier était déjà debout et prêt pour porter Komi Koutché à la Marina. C’est le moment pour moi de remercier ces milliers d’organisations et leurs militants et sympathisants qui affrontaient monts et vallées, répandant la bonne nouvelle de ce qu’à la suite du développeur Boni Yayi nous viendra un jeune, talentueux et expérimenté.
Mais hélas, en novembre 2015, un coup d’arrêt fut donné à cette dynamique au motif qu’il manquerait six (06) mois à notre champion pour justifier l’âge minimum de 40 ans requis pour être candidat à l’élection présidentielle en République du Bénin. Nous comprendrons plus tard que ce n’était encore une fois qu’une ruse pour bloquer la jeunesse.
Mais nous sommes restés sages et disciplinés comme d’ailleurs notre leader lui-même s’y illustre depuis 1995 qu’il apprend aux côtés de ses aînés politiques.

Que deviennent tous ces soutiens de Komi Koutché depuis 19 mois que d’ailleurs lui-même semble disparaître des radars ? Depuis l’avènement du nouveau régime, nous ne l’avons réellement entendu qu’une seule fois, le 13 mars 2017 au cours d’un entretien télévisé qu’il a accordé à nos confrères de Canal3 Bénin…

Rires. Souhaiteriez-vous qu’il se mette à aboyer du premier jour du mandat du nouveau Président de la République jusqu’au dernier jour pour mériter d’être un leader de la jeunesse béninoise ? Oh non. L’expérience qu’il a acquise en politique lui impose de faire preuve d’une certaine retenue et d’un certain réalisme dans le jugement de ceux qui succèdent à l’équipe dans laquelle il est resté. Et c’est ce qu’il essaye de faire tout en renforçant sa propre résilience. Vous savez que c’est un homme assez pondéré, très respectueux et peu bavard.
Pendant ce temps, nous qui avions, il y a deux ans reçu ce coup de massue voire d’arrêt sous le fallacieux prétexte de, « il lui manque encore six (06) mois pour avoir quarante (40) ans », nous disais-je, sommes plus que jamais déterminés et rejoints chaque jour par de nouveaux camarades car Komi Koutché n’a plus 40 ans moins06 mois mais 40 ans plus 15 mois. Il ne s’agit pas ici de tirer les implications politiques de cet âge. Puisque personne n’est détenteur du lendemain ; le lendemain appartient à Dieu et c’est lui qui dispose de tout. Comme notre leader lui-même le disait sur une émission après l’élection du président Patrice Talon : « c’est Dieu qui donne le pouvoir ».
Nous sommes déterminés qu’il répondra à notre appel pour le grand bonheur de la jeunesse béninoise. Voilà pourquoi nous continuons par travailler pour.
Nous profitons par cette occasion pour lui dire ‘’ Oui, nous pouvons’’.

La Rédaction

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