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Afrique / Education : Les projets réalisés par African school of economics en 2020

L’African School of Economics (ASE) du Professeur Léonard Wantchékon est une référence sur le plan international en matière de recherche. Au titre de l’année 2020, de grands projets de recherche ont été conduits par les chercheurs au sein des instituts de l’Ecole Africaine d’Economie basée à Abomey-Calavi, à Abidjan et aux USA. Ces projets financés pour la plupart par des partenaires internationaux, exécutés sous le leadership du Professeur Wantchékon, participent au développement du pays et de la sous-région.

Inclusion financière et économie numérique au cœur des travaux de l’IMF

Les deux grands projets réalisés par l’Institut de finance et de management (IFM) de l’African School of Economics (ASE) sont axés sur l’inclusion financière et l’économie numérique. L’implémentation du projet dénommé « Croissance économique inclusive à l’ère du numérique » s’est faite en trois phases : l’évaluation de l’état de préparation du Bénin au digital, le dialogue et la phase des plaidoyers pour inclure les recommandations. Ce projet a permis à African School of Economics (ASE) d’explorer entre autres, la fourniture d’électricité au Bénin, l’utilisation d’internet, l’équité de l’utilisation d’internet par sexe, le coût de l’accès à internet, l’adoption des systèmes financiers des technologies numériques et les services en ligne du gouvernement. Financée par l’ambassade des Pays-Bas près le Bénin, cette initiative vise à appuyer le Bénin dans l’élaboration d’une stratégie de développement de l’économie digitale. Ainsi, elle va faciliter la réalisation de 45 projets à grande échelle qui ont été définis par le gouvernement du Bénin. Les projets prennent en compte les priorités dans des secteurs comme le tourisme, l’agriculture, l’énergie, l’économie numérique, les infrastructures, l’eau et l’assainissement du cadre de vie.

Pour ce qui concerne le projet sur l’inclusion financière, il a permis d’étudier la gestion des finances personnelles et l’inclusion financière sur deux dimensions. Premièrement, en remodelant les décisions financières individuelles qui rendent l’utilisateur plus sain financièrement, réduisant ainsi le risque de défaillance. Deuxièmement, en réduisant les irrégularités d’information pour signaler aux prêteurs la crédibilité des utilisateurs pour recevoir des prêts. Ce qui va contribuer à augmenter la confiance entre prêteur et emprunteur. Financé par SOAS University of London, le projet révèle, selon les chercheurs de l’IFM, que la formation financière combinée à l’application « Fintech » augmente le comportement d’épargne d’environ 86%.  De même, les participants à la formation financière qui ont reçu l’application « Fintech » ont pu obtenir 39% du montant du prêt par rapport au groupe de comparaison et environ 30% d’augmentation de l’utilisation de « Fintech » dans le groupe de personnes ayant reçu la formation financière combinée à une application, contre 17% de diminution dans le groupe de contrôle.

Les travaux de l’Ireep sur l’emploi des jeunes, les contraintes des entreprises, la pandémie de la COVID-19 et les inégalités et programme de recherche sur l’amélioration des systèmes d’éducation (RISE) au Nigéria :

Les chercheurs de l’Institut de Recherche Empirique en Economie Politique (IREEP) ont conduit entre autres, quatre (04) grands projets au cours de l’année 2020.

Au nombre de ces projets, l’enquête d’opinion auprès des Cadres Dirigeants. L’enquête menée par StéphaniaHoungan, associée de recherche à l’IREEP a permis de connaître les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises dans chaque pays et d’éclairer les décideurs dans la formulation des politiques de développement de l’entreprenariat. A l’issue de cette enquête, il ressort que le Bénin en 2019 est classé 125ème sur 141 pays en ce qui concerne l’indice de compétitivité alors qu’il était 123ème en 2018 sur 140 pays. Pour cette année 2020, le rapport global sur la compétitivité n’a pas calculé l’indice de compétitivité en raison de la pandémie de COVID-19. Cette enquête qui se fait chaque année donne la voie aux entreprises pour qu’elles s’expriment sur les contraintes qu’elles connaissent dans leurs activités. Financée par le Forum Economique Mondiale (FEM), l’étude dirigée par StéphaniaHoungan a consisté à recueillir des informations sur un large éventail de facteurs déterminants pour la compétitivité de l’économie béninoise et pour lesquels les sources de données chiffrées sont rares ou inexistantes.

L’IREEP a aussi mis en œuvre un projet intitulé« Pandémie de la COVID-19 et Inégalité : Les stratégies de lutte et mesures d’atténuation du Bénin sont- elles inclusives ? Sponsorisé par Include, ce projet vise entre autres à documenter l’impact de la COVID-19 sur les activités des divers groupes socio-économiques ; les secteurs et régions selon Léonie Bonou, associée de recherche à l’IREEP. L’implémentation de ce projet par l’African School of Economics (ASE) a permis d’évaluer l’efficience des mesures d’atténuation prises par le gouvernement béninois et les partenaires non étatiques au vu des besoins des divers groupes impactés.

Dans un autre registre, l’IREEP a travaillé sur le « Projet Emploi des Jeunes ». Dirigée par Clément Litchégbé, cette étude vise à renforcer le capital humain et la productivité des jeunes en situation de chômage et de sous-emploi. Les recherches ont porté sur les secteurs de transformation agricole, les métiers de l’artisanat et le tourisme du secteur privé formel et informel. Selon le chercheur Clément Litchégbé, le Projet Emploi des Jeunes s’inscrit dans la stratégie globale du gouvernement béninois de lutte contre la pauvreté par la réduction du taux de chômage et du sous-emploi. Financé par la Banque Mondiale, le projet a permis de comprendre et de documenter les conditions de vie économiques des jeunes pour mieux les cibler dans le cadre des politiques d’emploi en cours d’élaboration. La collecte de données s’est réalisée dans quinze communes de cinq départements du Bénin.

L’African School of Economics met en œuvre au Nigéria, un programme de recherche sur l’amélioration des systèmes d’éducation (RISE, sigle en anglais). Cette étude conduite par Léonie Bonou est financée par plusieurs institutions dont le Département britannique pour le développement international (DFID), le Département australien des affaires étrangères et du commerce (DFAT), la Fondation Bill et Melinda Gates. Elle consiste à explorer l’intégralité des idées dans le contexte de l’histoire de l’éducation du Nigeria et les liens avec la politique actuelle en matière d’éducation. Les chercheurs de l’ASE concentrent leur analyse rétrospective sur cinq événements. L’analyse prend en compte les écoles missionnaires présentes à partir de 1845, la politique d’enseignement primaire gratuit initiée à l’Ouest du Nigeria sous la direction d’Obafemi Awolowo en 1955. Le Service National pour la Jeunesse (NYSC) créé en 1973, l’initiative nationale de gestion scolaire lancée en 2005 et la politique de la réforme de l’éducation dans les États d’Edo et d’Ekiti sont aussi pris en compte.

Les œuvres de l’Institut des Etudes Africaines de l’ASE

Trois principales activités se sont déroulées dans cet institut au cours de l’année 2020. Il y a d’abord eu la poursuite du projet « Impact social des amazones du Danxomè », dans le cadre duquel, l’Institut a exploré un terrain laissé entièrement vierge par les recherches en Histoire au Bénin : l’identification nominale des femmes guerrières du Danxomè et leur vie post-démobilisation pour celles qui ont pu survivre à la conquête du royaume par la France en 1894. Des enquêtes de proximité minutieusement menées sur le terrain, dans plusieurs localités des plateaux d’Abomey et d’Agonlin, où vivent les familles mêmes des amazones ont été réalisées. Ces enquêtes ont permis de disposer d’une liste d’une cinquantaine d’amazones ayant effectivement combattu aux côtés des rois Glèlè et/ou Béhanzin. Au cours de la même année, l’Institut a achevé la rédaction d’un manuel sur l’Histoire de la ville de Ouidah, qui est actuellement en cours d’édition et dont la parution est attendue dans les prochaines semaines. En pleine crise sanitaire due à la Covid-19, l’Institut des études africaines en symbiose avec la Direction de la communication de l’ASE a réalisé un documentaire intitulé « Leçons du passé : de la variole au Dahomey à la Covid-19 au Bénin », qui fait ressortir un certain nombre de similitudes entre l’épidémie de variole qui a frappé le Dahomey dans les années 1960 et la pandémie de Covid-19, ainsi que la résilience des populations.  

La Rédaction

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