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Bénin / Actualité : Le politologue Mathias Hounkpè parle de la conférence nationale et du PLM Alédjo

Hôtel PLM Alédjo : le souvenir oublié…

Avec ce 1e papier, je voudrais commencer par des questions sur lesquelles des réflexions pourraient aider, une fois que les conditions normales de démocratie inclusive seraient rétablies au Bénin. Il me parait nécessaire de débuter cette démarche par une réflexion sur la Conférence nationale et l’Hôtel PLM Alédjo. Parce qu’à l’instar de nombreux Béninois, je considère la Conférence nationale comme l’un des moments fondateurs de l’évolution, notamment politique, de notre pays. Elle représente le moment de la conclusion du « Contrat social » à la béninoise. Il n’est donc pas surprenant que toutes les fois qu’il nous arrive de chanceler ou de trébucher dans notre marche vers les rivages des démocraties consolidées – et la crise post-législatives 2019 n’y fait pas exception – des acteurs politiques ainsi que des citoyens ordinaires évoquent toujours les résolutions de la Conférence nationale qui devraient faire partie de nos repères dans la recherche de solutions à nos problèmes.

Mieux, chaque peuple a besoin que des moments de son histoire où il a su faire preuve de génie autant que ceux où il a trébuché ou carrément chuté, soient maintenus et racontés de générations en générations. Les premiers contribuent à nourrir sa fierté et son patriotisme ainsi que pour les générations futures tandis que les seconds lui rappellent les voies/écueils qu’il faut éviter à l’avenir. Ces moments marquants peuvent être intimement liés à des lieux qui les ont abrités, partiellement ou entièrement. Ainsi en est-il du « Independence Hall », où ont été débattus la Déclaration d’indépendance et la Constitution des Etats-Unis, qui fait partie du Parc historique de l’Indépendance nationale, en Philadelphie, dans l’Etat de Pennsylvanie. Ou encore du Nelson Mandela Museum, à l’Eastern Cape en Afrique du Sud. Ces endroits sont, justement, des lieux mythiques de l’histoire de ces pays, et l’on peut multiplier les exemples à travers le monde.  

Je n’ose imaginer l’état actuel de l’Hôtel PLM Alédjo, le cadre où s’est tenue la Conférence nationale des Forces vives en Février 1990. En revanche, je me plais à imaginer, au moment même où nous réclamons le retour de nos biens culturels à ceux qui les avaient soustraits, cet hôtel, devenu mythique pour les Béninois, restauré et aménagé. Ceci permettrait à la jeune génération actuelle de même qu’à des générations futures tout comme à nos frères d’Afrique, venant de partout, d’y retourner de temps en temps pour se faire remémorer l’histoire politique de notre pays (i.e. d’où nous venions), les compromis et/ou les sacrifices nécessaires pour changer de direction à la Conférence nationale, les grandes orientations que nous nous sommes fixées à la Conférence nationale, écouter les enregistrements audios ou visionner les vidéos des acteurs majeurs de la Conférence, consulter la documentation existante etc. 

A mon humble avis, tous les peuples qui, à un moment ou un autre de leur évolution, ont consenti des sacrifices, parfois énormes, pour sortir leurs pays de situations difficiles doivent s’assurer que cette mémoire est sauvegardée, transmise aux générations futures et partagée avec les autres peuples. Je pense, ici, au #BurkinaFaso, à la #Guinée, à la #Tunisie, à l’#Algérie, à l’#Egypte, au #Soudan etc. Il est, pour le moins, utile et nécessaire d’aménager des espaces avec tous les éléments matériels permettant de faire revivre les moments-clés de l’histoire, les sacrifices consentis, le génie dont le peuple a fait preuve etc. Comme le rappelle inlassablement Alain Foka, « … un peuple sans histoire est un monde sans âme ».   

A la semaine prochaine (A suivre) !

Mathias HOUNKPE

La Rédaction

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