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Bénin/L’équipe digitale de la présidence lynche MTN

 

Pour l’équipe de communication digitale de la Présidence de la République du Bénin, l’opérateur de téléphonie mobile MTN ne mérite aucun laurier contrairement à son concurrent Moov qu’il faut plutôt célébrer pour ses initiatives en faveur de la lutte contre la propagation du Coronavirus. Un jugement qui a surpris plus d’un dans l’opinion au point où certains s’interrogent sur les motivations d’un tel parti pris.

Mardi 23 mars 2020, il est 17 heures 09 minutes : le Gouvernement de la République du Bénin émet sur son compte twitter, @gouvbenin, un tweet plutôt étrange, « Merci et Bravo à @Moov_Benin qui prend la mesure de l’enjeu et permet à tous ses abonnés d’accéder gratuitement au site gouv.bj/coronavirus de la lutte contre le Covid-19bj au Bénin. Certains twittos veulent nous obliger à mentionner @MTNBenin. Mais nous ne le ferons pas ».
L’équipe de la communication digitale du Gouvernement béninois introduisait ainsi la reprise d’un tweet de la marque Moov Bénin exploitant au Bénin l’une des deux licences technologiquement neutres actuellement en exploitation au Bénin et attribuée par les autorités au groupe marocain Etisalat. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour observer le revers de cette méprise des règles élémentaires dans le milieu de la concurrence. Le tweet est supprimé quelques minutes après et certains milieux indiquent d’ailleurs que la suppression serait suivie des excuses du responsable de la cellule digitale de la Présidence de la République censé coordonner les activités sur les canaux digitaux officiels du Gouvernement.

Mais ceci suffirait-il à rétablir les préjudices commerciaux que pourrait engendrer un tel tweet à la marque concurrente d’ailleurs indexée dans le tweet ? « Bien évidement que non », répondent des spécialistes de la question et des praticiens de droit commercial qui estiment que ce doit être une occasion pour enrichir la jurisprudence béninoise pour prévenir et décourager auprès de certains représentants de l’Etat ces postures et discours souvent fondés sur des intérêts iniques auprès de certains partenaires d’affaires avec l’Etat contre leurs concurrents qui n’ont pas établi de tels rapports de faveurs avec eux. A défaut, ils souhaitent que le responsable d’une telle erreur soit identifié et sanctionné car « il est inadmissible que l’Etat qui régule une activité que mènent deux concurrents en arrive à prendre officiellement position pour l’un contre l’autre », se sont-ils indigné.

La Rédaction

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