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Bénin / Politique : Les conclusions des assises de Paris en 29 points

La diaspora béninoise à Paris, soutenue par des acteurs politiques de l’opposition ont tenu une rencontre dénommée les assises de Paris. Une occasion pour eux de se prononcer sur la situation sociopolitique et de prendre des décisions. Le tout est regroupé en 29 points dans le communiqué final.

COMMUNIQUE FINAL DES ASSISES DE PARIS

  • Considérant la Déclaration universelle des droits de l’homme ;
  • Considérant la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ;
  • Considérant la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance ;
  • Considérant le Protocole de la CEDEAO A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité ;
  • Considérant l’Accord de Cotonou entre les Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne sur la procédure de consultation et mesures appropriées concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’État de droit ;
  • Considérant la Déclaration de Bamako de 2000 ;
  • Considérant la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.

Nous, organisations politiques de l’opposition, civiles et citoyennes de l’intérieur et de l’extérieur du Bénin, membres de la Résistance Nationale, participants aux « Assises de Paris », à Saint-Ouen, le 23 novembre 2019, après analyse approfondie de la situation sociale, économique et politique nationale depuis l’avènement du régime dit de la « Rupture » :

  1. Soutenons les résolutions et recommandations formulées lors des « Assises de la Résistance Nationale » organisées les 10, 11 et 12 octobre 2019 à Cotonou ;
  • Exprimons nos sincères remerciements aux délégations venues du Bénin, de la France, de la Belgique, du Danemark, de l’Italie, de la Grèce, de la Suisse, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique, du Canada, de l’Afrique du Sud, du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Togo, du Ghana et du Nigéria ;
  • Exprimons nos vifs remerciements et notre profonde reconnaissance à tous les démocrates et patriotes qui continuent de résister sur le sol national ;
  • Condamnons la gouvernance Talon marquée par la violation permanente de la Constitution du 11 décembre 1990 et le recul des libertés individuelles et collectives ;
  • Condamnons les persécutions politiques des opposants au Bénin et à l’extérieur et les rafles contre les web activistes ;
  • Condamnons le silence du Gouvernement depuis la fermeture des frontières du Nigéria avec le Bénin et l’appelons à travailler pour l’intérêt supérieur de la Nation en lieu et place des intérêts particuliers qu’il défend par le biais de Bénin Control SA, société appartenant au chef de l’Etat du Bénin, gestionnaire du Programme de Vérification des Importations (PVI-NG) au Port de Cotonou, cause principale des hésitations de l’Etat béninois à satisfaire les exigences du Nigéria ;
  • Dénonçons un pouvoir impopulaire aux abois et affirmons notre engagement et détermination à trouver toutes les ressources intérieures et extérieures nécessaires pour l’anéantir complètement, en lui opposant une Résistance sans faiblesse ;
  • Dénonçons les pseudo-opposants financés et téléguidés par Patrice Talon et son clan et appelons l’ensemble de la Résistance à la grande vigilance pour rendre le travail des traîtres potentiels cornélien afin de les démasquer rapidement ;
  • Dénonçons le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part de l’armée et de la police dite républicaine lors de protestations et de manifestations pacifiques et les appelons à se ranger derrière le peuple. Les chefs militaires et de la police ainsi que leurs hommes armés sur le terrain sont appelés à la neutralité, à la retenue et à refuser d’exécuter les ordres délirants et antirépublicains contre les populations civiles, conformément à la Constitution du 11 décembre 1990 : l’armée et la police doivent protéger le peuple ;
  1. Appelons fortement l’ensemble des partis politiques de l’opposition et les Béninois de la diaspora à l’Unité, à la Cohésion, à la Cohérence et à poursuivre sereinement et intensément la lutte pour le rétablissement des acquis démocratiques face à un clan minoritaire qui cherche à garder le pouvoir à vie ;
  1. Appelons la communauté internationale à prendre la pleine mesure de la dégradation de la situation, dans une région déjà menacée par des attaques terroristes ;
  1. Appelons à l’abolition de toute forme de censure, de surveillance de masse et de restriction de la liberté d’expression, d’opinion, de manifestation, de la presse et de pensée ;
  1. Appelons le Gouvernement et la HAAC à : mettre fin immédiatement au piratage d’Etat de la radio Soleil Fm et à la prise en otage de la presse nationale, lever la mesure illégale de suspension du journal La Nouvelle Tribune, arrêter les poursuites judiciaires insensées contre les journalistes indépendants, ouvrir les antennes de l’ORTB à l’opposition pour la couverture de ses activités et renouveler l’accréditation de la correspondante de France24/TV5Monde au Bénin, Emmanuelle Sodji, pour lui permettre de continuer à exercer durablement son métier de journaliste ;
  1. Appelons le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et les organisations internationales de défense des droits de l’homme à ouvrir une enquête internationale sur les tueries de 2019 au Bénin ;
  1. Appelons la communauté internationale, notamment l’Union Européenne et les Nations Unies, à geler les avoirs et à interdire de voyage (gel des visas) tous les dignitaires du régime impliqués dans les graves atteintes portées à la démocratie, à l’Etat de droit et aux droits humains au Bénin. Une liste de 207 personnes a été adoptée et sera communiquée aux structures compétentes pour des sanctions ciblées ; 
  1. Décidons, dans le cadre des biens mal acquis, de porter plainte contre le clan au pouvoir au Bénin et leurs différents prête-noms soupçonnés de s’être constitués un patrimoine considérable en Europe, en Afrique et ailleurs avec l’argent public détourné ;
  1. Décidons de la création d’une commission ad hoc chargée de l’élaboration d’un programme alternatif de redressement et de développement réaliste et réalisable pour le Bénin ;
  1. Décidons de la création d’une caisse de solidarité internationale pour soutenir toutes les victimes de la dictature autocratique de Patrice Talon ;
  1. Décidons de la création d’une commission ad hoc chargée de connaître les dessous des contrats de gestion de certaines entreprises publiques (Port Autonome de Cotonou, SBEE, Aéroport de Cotonou…) concédés à des structures privées ou à des personnes étrangères dans l’opacité totale ;
  • Décidons de la mise en place sans délai des organes de la Résistance dans la diaspora. Ils seront dotés d’une feuille de route, d’une charte éthique, d’une charte des valeurs et d’une charte de fonctionnement ;
  • Encourageons les partis politiques, personnalités politiques, organisations sociales et citoyennes, patriotes et démocrates à mettre en place les organes de la Résistance sur le sol national, dotés d’une feuille de route, d’une charte éthique, d’une charte des valeurs et d’une charte de fonctionnement. La finalité est d’avoir une coordination nationale et des comités locaux d’actions et de résistance bien structurés et déterminés ;
  • Rassurons le peuple béninois que la diaspora est engagée aux côtés de la Résistance Nationale pour mettre fin à l’autocratie ;
  • Réaffirmons notre ferme attachement à la Constitution du 11 décembre 1990 et ne reconnaissons pas le testament personnel du dictateur Patrice Talon voté le 1er novembre 2019 par ses députés nommés, soumis et griots ;
  • Exigeons la libération immédiate et sans condition des détenus politiques pris en otage dans les prisons dont Laurent Mètongnon et le retour de tous les exilés politiques ;
  • Ne reconnaissons ni la légalité ni la légitimité du parlement de sang de Porto-Novo. A cet effet, toutes les lois liberticides et scélérates votées par ce parlement privé sont nulles et de nuls effets ; elles n’engagent nullement le peuple béninois ;
  • Demandons à la France, à l’Union Européenne, aux Nations-Unies, aux Etats-Unis d’Amérique, à l’Union africaine, à la CEDEAO et aux pays frères de la sous-région ouest africaine de s’engager dans la défense ferme et publique des principes démocratiques bafoués au Bénin ;
  • Félicitons Amnesty International pour son combat pour la justice en faveur des martyrs de la démocratie tombés sous les balles réelles des soldats du dictateur Talon et décidons de déposer une plainte contre l’autocrate et son clan auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour les crimes contre l’humanité perpétrés à Cotonou, Savè, Tchaourou, Kilibo et Kandi en février, mai et juin 2019. Les auteurs et commanditaires des massacres des populations civiles à mains nues sont clairement identifiés. Une liste d’une vingtaine de personnes a été adoptée et sera communiquée aux structures compétentes ;
  • Rejetons les élections non inclusives d’avril 2019 ainsi que le dialogue exclusif d’octobre 2019, et toutes les décisions qui en découlent, notamment les différentes lois votées par l’Assemblée privée de Talon ;
  • Réclamons les Etats Généraux du peuple et l’organisation des élections législatives inclusives pour remettre le Bénin dans le concert des nations démocratiques ;

Fait à Paris, le 23 novembre 2019

Les participants

La Rédaction

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