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Réflexion / Coronavirus : Vers une renaissance des cultes personnel et familial !

«L’être humain est plein de bonnes volontés mais il est faible »(Marc 14, 38 b)

La pandémie aiguë de COVID 19 qui bouscule tout, et qui a empêché mon voyage d’étude sur la France pour le mois de mai,  est aussi une réalité au Bénin. Ici, ce n’est pas encore le confinement total comme c’est le cas dans les pays européens et autres. En revanche,  les mesures sont prises par le gouvernement pour interdire tout déplacement sur le cordon sanitaire comportant 12 villes et communes. Les écoles, églises, les mosquées sont fermées,et tous les grands rassemblements sont interdits et les transports en commun  sont contraints de réduire leurs effectifs. Après la déclaration du premier décès suite à la contamination du virus, le gouvernement a rendu le port de masque obligatoire.

L’inquiétude d’envahissement du coronavirus est là et l’on est dans l’obligation du respect des mesures gouvernementales. Même si nous, Béninois, ne sommes pas entièrement confinés puisque nous sortons juste pour ce qui est nécessaire et pour aller au boulot, la réalité des annulations des festivités,la fermeture des frontières,  la hausse des prix des transports, l’interdiction de déplacementen dehors du cordon sanitairesont observées. Le lavage des mains à chaque moment et partout est systématique; se masquer la bouche et le nez, saluer à distance, organiser les inhumations dans la stricte intimité familiale, sans culte ni veillée sont des attitudes rigoureusement adoptées. Avouons-le, cette crise sanitaire est en train de changer nos mœurs et habitudes.

Une crise sanitaire mondiale qui n’épargne personne et qui montre que les valeurs d’égalité et de solidarité doivent être revisitées. On dirait une troisième guerre mondiale qui au lieu d’utiliser les armes à feu utilise la chimie pour détruire l’humanité. Mais ce n’est pas seulement l’humanité qui est détruite, c’est aussi l’incapacité des un.es et des autres qui se remarque dans cette exceptionnelle expansion de la pandémie.  Il y a aussi le chamboulement de tous les rêves et projets que les un.es les autres ont construits pour cette année 2020. C’est marrant de voir que les souhaits pour l’année 2020 s’estompent en face de cette pandémie. Tout ceci est la marque des limites humaines et nous impose la confession de notre faiblesse humaine.

Même si le télétravail est une réalité ailleurs, ici, chez nous au Bénin, cela ne peut pas s’observer à cause des conditions précaires et de l’instabilité de la connexion internet.

En tout cas, dès que la pandémie cherchera à sévir ici en Afrique et au Bénin en particulier, et nous l’espérons vivement que ce ne serait pas le cas, les femmes seront les premières victimes car elles sont dans les marchés et les rues déambulant pour la vente et le commerce informels.

Nous ici en Afrique devons faire attention et jouer à la grande solidarité mais surtout au respect des mesures quoique le confinement  ne soit pas une réalité totale. En plus, cette situation sanitaire qui nous prive de nos lieux d’adoration et autres, nous interpelle sur notre relation profonde avec Dieu et avec le prochain sans ignorer la nature. Les églises et les mosquées sont les lieux de prédilection pour les africains et si une pandémie les empêche de s’y rassembler alors il est question de revisiter notre gouvernance religieuse et notre éthique d’adoration.  Le culte dans les églises étant le dernier recours des Africains, ici au Bénin depuis la fermeture de ces lieux, on constate la réinstauration du culte personnel, du culte familial et l’intensification du culte radiophonique.  Pour nous, le Dieu que nous adorons est le Dieu des impossibles et peut faire le possible dans nos impossibilités. La situation de coronavirus est une preuve des impossibilités humaines.  Par rapport, à une pandémie qui empêche le rassemblement dans les lieux de culte, les maisons et les familles sont devenues désormais de des lieux privilégiés pour le recueillement et le partage de la  parole de Dieu mais surtout de l’intercession pour demander le secours de Dieu. Car notre espérance est que le plan de Dieu pour l’humanité est la vie et non la mort. C’est à genoux et dans les prières que nous pouvons implorer son secours pour remédier à cette pandémie, car tout est possible à celui qui croit.

Dans la nuit de cette pandémie, nous sommes confortés dans notre foi et notre espérance que Seul le Dieu de Jésus-Christ peut le possible. Chacun.e et chaque famille le prient et jeûnent  à son niveau et dans son contexte afin que la pandémie soit détruite et anéantie partout dans le monde.

En tout cas, notre Dieu règne encore et même s’il semble loin en ce moment de tragédie sanitaire où les limites de l’être humainsont visibles, il agira à coup sûr. Et tout cela aussi passera

« …et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans ta faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. » (2 Corinthiens 12,9) 

Qui est pasteure fidèle ?

Théologienne, Pasteure de l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin (EPMB), professeure d’Ethique à l’Université Protestante d’Afrique de l’Ouest (UPAO (Porto-Novo), Fidèle Fifamè HOUSSOU GANDONOU est l’auteure de plusieurs articles scientifiques et d’ouvrages, notamment : Les fondements éthiques du féminisme : une réflexion à partir du contexte africain, Globethics.net. 2016 ; La violence sexuelle parmi les adolescents : une réflexion théologique et éthique, PBA, 2018.

La Rédaction

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