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Togo : “Le tour du théâtre en 80 minutes” : Un voyage faramineux avec Christophe Barbier


Amateur de théâtre, l’animateur et journaliste français, christophe Barbier a emerveillé le public ce vendredi 1 février au patio de l’Institut français de Lomé. Dans un monologue, avec une énergie débordante, pendant plus d’une heure et demi, l’acteur, a bien réussi à plonger les spectateurs dans l’univers du théâtre, les préparatifs et les étapes de la scène, le déroulement des scènes et le “bonheur de jouer”. Le spectacle n’aurait sûrement été moins parfait sans le tour particulier dans l’histoire de la comédie française et du couple théâtre-politique, sans oublier la réligion.
“J’ai déjà joué 140 fois”. Si on s’en tient juste à cette phrase lancée par l’acteur à la fin du spectacle, on pouvait déjà deviner la grandeur de la présentation. Riche, bien documenté et instructif; c’est ce qu’il faut dire du texte qui dans un premier temps présente les paramètres du théâtre et les sentiments des comédiens. Christophe Barbier fait découvrir les réactions des spectateurs, le décor de la salle, les acteurs avant le début du spectacle, le trac qui vient souvent les animer avant les dernières secondes derrière le rideau: << le trac est un rat, un rat qui nous ronge de l’intérieur, un rat qui veut ma peau et déjà me dépèce… un rat qui ne meurt qu’à la lumière. Alors en scène, vite!>> ; le trou de mémoire qui surgit sur scène est <>.

Par des extraits de grandes pièces, qui parlent de l’art dramatique, Christophe Barbier présente toutes les réflexions qui accompagnent l’acteur dans “son jeu”. On croise aussi les plus inspirés des théoriciens du théâtre : Louis Jouvet, Laurent Terzieff, Antonin Artaud, mais aussi Mademoiselle Mars. Il a fait comprendre la nature et la mission de l’action, celle d’incarner un personnage : <<… On joue pour mentir, pour se mentir. On joue pour être ou ne pas être et pour ne plus être ce qu’on est. On joue pour ne pas se connaître et parce qu’on se connaît trop>>. Il ajoutera un peu plus loin , <>
Ensuite, Christophe Barbier fait voyager le public à travers le temps en retraçant l’histoire de la comédie française avec ses grands noms, comme Molière, Voltaire, Napoléon, Louis XIV, Corneille, Jean Paul Sartre, etc, en évoquant le lien particulier entretenu par la comédie et la politique au fil des années et avec les différentes révolutions. “(…) Le théâtre et la politique vont ensemble… Les comédiens travaillent pour les rois ou contre les rois; les politiques se servent du théâtre. Pendant plus de 500 ans, on a cette histoire de jumeaux entre politique et théâtre. C’est ce que j’ai raconté au public.” confie-t-il.

A cela s’est aussi ajouté la réligion: “Le théâtre est devenue une nouvelle religion.” L’acteur a exposé, avec des exemples, la notion d’escommuniation, où les acteurs ne méritaient pas des enterrements digne de chrétiens. On retient entres autres, le nom BEAUMARCHAIS, qui initia la notion de Droit d’auteur au théâtre.
“Le tour du théâtre en 80 min”, c’est bien réussi par Christophe Barbier dans une ambiance légèrement détendue et humoristique, où s’enchaînaient mouvements et réflexes, avec une appropriation parfaite de la scène. Le décor convient; à l’angle gauche sur la scène, une chaise et une table, sur laquelle sont posés livres, et autres. Une autre chaise à droite, supporte gilet, veste et écharpe rouge pour les changements de posture de l’acteur au cours du spectacle. Les jeux de lumière ont aussi été réussis, tantôt sur le public, tantôt couvrant toute la scène, tantôt se pointant sur l’acteur pour attirer une attention particulière sur ses actions. La voix montait et descendait, prenait un ton différent selon qu’il interprétait une femme ou un homme.
Un spectacle tout simplement exceptionnel digne d’un professionnel du théâtre !

La Rédaction

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